Traçage du coronavirus : comment ne pas brader la vie privée pour la santé ?

Le traçage, la Belgique s’y prépare. La France aussi. L’Allemagne vient de lancer un test : une application de traçage numérique du Covid-19.

L’Institut Robert-Koch, qui coordonne la lutte contre l’épidémie en Allemagne, a lancé l’application "Corona-Datenspende" (ou don de données corona) : un système qui ne fonctionne que sur la base du volontariat, en étant connecté à des montres intelligentes ou des bracelets de fitness de type Fitbit, Garmin ou Polar. Public potentiel : environ 10 millions d’Allemands.

Le but : dresser une cartographie de la propagation du virus à partir de données géographiques et biologiques (le code postal, la température corporelle ou le pouls des volontaires). Il s’agit d’une première étape avant le lancement d’une deuxième application de suivi, à partir du 15 avril, toujours en Allemagne : elle collectera les données de proximité entre volontaires via Bluetooth et les avertira rétrospectivement lorsqu’ils ont été à proximité d’une personne infectée par le Covid-19.


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Et en Belgique ?

Chez nous, la task force coronavirus planche également sur des solutions de traçage numérique du Covid-19. Les opérateurs de téléphonie mobile ont déjà mis les données de déplacements anonymisées de leurs utilisateurs à disposition des autorités. Elles réfléchissent à aller plus loin, pour la sortie de confinement.


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Mais comment apporter les informations épidémiologiques tout en respectant le RGPD, le Règlement général de protection des données ? Comment respecter également le cadre légal sur la vie privée ? Nous avons interrogé Quentin Felice, co-fondateur de Datavillage, une start-up belge : "Si on veut aller plus loin, il faut voir le RGPD comme une aide et non un frein. Il donne la chance de mettre le citoyen au cœur du contrôle de ses données tout au long du cycle de vie de celles-ci."


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La start-up propose de mettre en place un système où chaque citoyen pourrait avoir une application qui serait le réceptacle de ses données brutes et de ses données traitées (par exemple, par Google Maps). Un bouton "récupérer mes données" lui permettrait de rapatrier ces données sur son application. Ensuite, un bouton de consentement lui permettrait de partager (ou non) ses données avec la communauté scientifique.

"Au lieu d’avoir un système centralisé, avec les données de tout le monde, on pourrait avoir une appli intuitive qui permette de les décentraliser. Seul le citoyen déciderait sur la base de son consentement de donner ou pas l’information, de façon éclairée", explique le co-fondateur de Datavillage.

Bon nombre de sociétés technologiques proposent leurs services aux responsables du groupe "tracking" de la task force interfédérale. Cette approche-ci pourrait offrir un garde-fou. Il est évidemment bien trop tôt pour avancer la moindre option des autorités fédérales.

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