Sept mois plus tard, que sait-on réellement du coronavirus ?

7 mois plus tard, que sait-on réellement du coronavirus ?
7 mois plus tard, que sait-on réellement du coronavirus ? - © Rtbf/Getty

Il y a un peu plus de 7 mois, vous embrassiez vos amis quand vous les voyiez, vous serriez vos proches dans les bras sans réfléchir et vous ne vous inquiétiez pas d’avoir un masque avec vous en sortant de chez vous. Bref, notre société vivait sans le coronavirus. Depuis, ce virus a infecté nos vies avec des conséquences diverses mais surtout beaucoup de questions. Nous avons donc décidé de faire un récapitulatif de ce qu’on a appris au fur et à mesure des mois et ce qu’on ne sait toujours pas à propos du coronavirus.


►►► Notre dossier sur le coronavirus


Ce qu’on sait

Une transmission assez claire

Même si comme le dit la porte-parole interfédérale Frédérique Jacobs, "il n’y a aucune certitude avec ce Covid-19", on sait maintenant que le coronavirus se transmet via des gouttelettes de salive expulsées par la bouche ou le nez quand une personne infectée parle, tousse ou éternue. C’est la raison pour laquelle tous les gestes barrière sont axés pour éviter ce genre de situation : en gardant de la distance et en évitant les contacts rapprochés ou en portant un masque.

Être à l’intérieur, dans une pièce faiblement ventilée est problématique car pour diluer le virus, il faut que l’air circule. Parallèlement, les conversations bruyantes, le fait de crier, de chanter ou de respirer de manière soutenue augmentent considérablement les risques de propagation, justifiant le fait que les boîtes de nuit restent fermées.

On sait aussi qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des symptômes pour transmettre le virus. Une récente étude, menée entre autres par l’Université de Yale, affirme qu’environ 20% des patients atteints du covid ne montrent pas le moindre symptôme mais que quoiqu’il arrive, ces patients peuvent transmettre le virus. C’est pourquoi les mesures de sécurités s’appliquent à tous les individus de nos sociétés et pas juste ceux qui se sentent malades.


►►► A lire aussi : Coronavirus : le Centre de Crise explique le but exact de la "bulle sociale" et pourquoi il a fallu la maintenir


Les effets négatifs se propagent après la guérison

On sait aussi, d’expérience, que des symptômes peuvent persister chez des patients guéris du Covid-19. Selon Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, 5 à 10% des patients qui ont développé des symptômes du coronavirus auraient des symptômes longue durée, parfois pendant plusieurs mois mais il faut différencier les patients qui ont développé un Covid sévère, impliquant une lourde hospitalisation. "Pour ceux-là, il est normal de garder des symptômes de convalescence pénibles pendant longtemps" de ceux qui ont eu un Covid plus modéré qui "vont garder essentiellement une fatigabilité anormale, un essoufflement anormal au moindre effort, même à moindre mesure, des douleurs thoraciques".

Le coronavirus et les enfants

Depuis le début de l’épidémie, une règle semble claire : les enfants sont moins affectés par le virus que les adultes. Mais rien n’est simple avec cette maladie. Si aux prémices de la pandémie, les scientifiques pensaient que les enfants étaient immunisés, il apparaît maintenant qu’ils ne sont pas totalement invulnérables et qu’ils transmettent le virus (même si sur ce point-là, il y a un encore pas mal d’incertitude) et qu’il est important de considérer le principe de précaution les concernant.

Dans une carte blanche, la Belgian Pediatric Covid-19 Task Force demande que tous les enfants rentrent à l’école à temps plein dès le 1er septembre prochain. Ces pédiatres expliquent que les 2,3 millions d’enfants belges représentent l’avenir de notre pays. "2,3 millions de jeunes représentent notre avenir. Mais le futur de notre jeunesse sera sérieusement hypothéqué si nous ne lui accordons pas d’urgence toute l’attention qu’il mérite. La complète réouverture des écoles joue ici un rôle essentiel". 

Pour la spécialiste Anne Tilmanne, pédiatre et infectiologue à l’Huderf, la balance bénéfices-risques penche clairement en faveur d’un retour à l’école. "Le risque zéro n’existe jamais. Mais le bien-être de l’enfant compte aussi. Il n’y a pas que la maladie. On est très rassurés par rapport aux données qu’on a pu collecter depuis le début de l’épidémie. Les enfants sont peu malades et semblent aussi transmettre moins la maladie que les adultes. C’est ce qu’on constate en Belgique mais aussi dans d’autres études, d’autres pays."


►►► A lire aussi : Coronavirus : l’OMS recommande le masque pour les enfants dès 12 ans "dans les mêmes conditions que les adultes


 

Un développement du vaccin ultrarapide

Nous vous l’annoncions samedi dernier : un vaccin pourrait bien être commercialisé d’ici janvier en Belgique. Si d’après le journal britannique le Guardian, en Chine, les autorités ont déjà commencé à administrer un vaccin potentiel aux citoyens considérés comme des personnes à risques, en Belgique, il faudra attendre encore quelques mois avant qu’un vaccin soit commercialisé. L’OMS et l’Agence européenne du médicament entament la phase 3 de l’essai clinique d’un vaccin qu’ils tentent de mettre en place. L’objectif est de "travailler sur des données d’efficacité qui viendront du développement clinique de cette phase 3. Une phase au cours de laquelle, le vaccin sera testé sur 3000 personnes", indique Jean-Michel Dogné, conseiller auprès de ces organisations.

Une chose est sûre, en un temps records, des progrès énormes dans la création d’un vaccin contre le coronavirus ont été réalisés. Si les tests de la phase 3 s’avéraient concluants, cela signifierait qu’il ne se serait écoulé qu’une année entre la découverte du virus et la création de son vaccin, une révolution pour le domaine.

Ce qu’on ne sait pas

Pourquoi certaines personnes sont plus malades que d’autres

De par le fait que le coronavirus est une maladie jeune, il n’existe à l’heure actuelle que peu d’études pour pouvoir tirer de réelles conclusions et acquérir de véritables certitudes concernant ce virus. Car de telles études nécessitent du temps et de nombreux patients pour pouvoir emmagasiner des données globales. Du coup, il est difficile de savoir pourquoi certains patients sont plus malades que d’autres.

Il existe plusieurs pistes telles que le groupe sanguin, comme rapporté il y a quelques semaines par une étude allemande, l’âge ou encore la comorbidité mais comme l’explique Frédérique Jacobs, "on n’a pas d’explication très claire. Il y a probablement une sensibilité génétique mais qui est en cours de mise au point. Puis il y a en effet les comorbidités qui jouent un rôle très important, encore plus quand elles sont couplés à l’âge. C’est encore un peu tôt. De nombreux laboratoires travaillent sur la question. Il semble, très probablement, qu’il y a des susceptibilités liées au patrimoine génétique mais on n’a pas encore de grandes données."

Le mystère de la réinfection

Lundi, des chercheurs de Hong Kong ont annoncé avoir découvert le premier cas avéré au monde de réinfection par le Covid-19. Une information confirmée par Frédérique Jacobs : "Il y a effectivement eu trois cas de manière évidente de gens qui ont fait une première infection puis qui ont complètement guéri puis qui ont fait une deuxième infection. D’ailleurs, dans le cas du patient d’Hong Kong, ce n’est pas la même souche donc on peut vraiment dire que c’est une nouvelle infection. Mais par exemple cette personne-là était strictement asymptomatique."

C’est donc une nouvelle interrogation pour les chercheurs qui considéraient que les patients infectés développaient par la suite une immunité face au virus. "On ne peut donc pas dire grand-chose de tout ça pour l’instant", poursuit Frédérique Jacobs. "On a quand même l’impression que les réinfections ne sont pas fréquentes mais on n’a pas beaucoup de recul donc peut-être que l’immunité de la première infection ne dure finalement qu’une durée limitée comme quelques mois."


►►► A lire aussi : Coronavirus : la recontamination est possible, mais pas nécessairement inquiétante


 

Une mutation oui, mais quelles conséquences ?

On sait avec les recherches déjà menées actuellement que le virus mute régulièrement. Comme l’explique Frédérique Jacobs : "On a d’ailleurs en fonction du virus différentes formes. On peut donc savoir si quelqu’un a attrapé le virus en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis". Par contre, une grosse inconnue réside toujours concernant les conséquences de ces mutations.

Un scientifique de Singapour a déclaré le mois dernier avoir repéré via ses recherches qu’une mutation aurait rendu le virus plus infectieux mais moins agressif. Une conclusion qui, selon Frédérique Jacobs, il est encore impossible de tirer à l’heure actuelle : "C’est un virus qui mute mais pour l’instant ça n’a jamais été associé au fait qu’il était plus ou moins virulent. On n’a donc à l’heure actuelle aucune idée qu’une mutation quelconque l’ait rendu plus agressif ou moins agressif."

Les doutes et les questions concernant le coronavirus sont donc encore nombreux. Il faut également veiller à rester prudent avec les résultats d’études qui sont considérées, selon la thématique, comme jeunes, tout comme ce virus. Mais il est clair que le monde scientifique a déjà fortement avancé dans sa compréhension du Covid-19 mais seul plus de temps permettre d’en savoir plus sur le coronavirus.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK