Retour à l'école : l'inquiétude des syndicats

Le déconfinement des écoles se poursuit, et les conditions de reprise ont encore été assouplies par le gouvernement fédéral et les gouvernements des Régions et Communautés du pays.

Du côté syndical, les réactions sont prudentes, voire inquiètes. "Tout ce qu’on peut faire, c’est s’en remettre aux experts qui nous disent qu’il n’y a pas aucun danger, ni sanitaire, ni médical, mais nous ne sommes pas rassurés", explique Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement. "Nous formulons les mêmes réserves, ajoute Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement. On se demande comment la situation a pu évoluer aussi vite, avec autant de recommandations contradictoires. Nous aurions préféré programmer la rentrée en septembre, et on a le sentiment d’avoir été poussés dans le dos par la Flandre".

Ecole à 2 vitesses

On le rappelle : il n’y a aucune obligation imposée aux écoles, les réalités pratiques de terrain étant très variables. Et il n’y a aucune obligation pour les parents de remettre leurs enfants à l’école.

"On constate que c’est dans les écoles défavorisées qu’il y a le moins d’élèves présents actuellement. Les parents sont inquiets pour leur enfant. Et cela va encore creuser les inégalités ", craint Joseph Thonon. "Certains parents ont fait le choix de ne pas rescolariser leurs enfants, et les écarts risquent effectivement de se creuser davantage, poursuit Roland Lahaye. Les enseignants vont avancer avec ceux qui sont là, mais que va-t-on faire pour les autres, et avec ceux dont les écoles ne peuvent pas organiser la rentrée. C’est ma plus grande inquiétude".

Les écoles qui tentent de gérer cette situation exceptionnelle, très évolutive et pleine d’incertitudes. Mais elles pensent déjà à l’après-crise, et à ses conséquences. "Cette période a permis d’insister sur l’importance de l’école et des enseignants. J’espère que le monde politique s’en souviendra quand il faudra faire des choix budgétaires", prévient Roland Lahaye.

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