Pukkelpop annulé, quid des autres festivals en Wallonie et à Bruxelles ?

Pas de Pukkelpop cette année. C’était le seul festival de grande ampleur qui était maintenu jusqu’ici. Qu’en est-il des autres festivals en Wallonie et à Bruxelles ? Esperanzah !, Ronquières festival ou encore les Nuits des solidarités sont à l'agenda. Réponse avec Didier Gosset, porte-parole de la fédération des festivals de musique en Wallonie et à Bruxelles.

La prochaine date clé, c’est 13 août. À partir de ce moment, le Covid safe ticket doit être officiellement d’application permettant à des festivals comme le Ronquières festival, les Nuits solidaires ou encore le Gate, l’alternative à Couleur Café d’avoir lieu.

Concrètement, le Covid safe ticket est un outil qui permet de montrer patte blanche pour participer aux événements de plus de 1500 personnes en extérieur du 13 août au 30 septembre 2021. Un peu comme les voyages : en montrant un vaccin, un test négatif ou une preuve de rétablissement au covid.

Avant le 13 août : 3 festivals test

Pour le mettre en place, trois évènements tests ont lieu en Wallonie lors des prochains week-ends : un petit Esperanzah ! à Floreffe et deux plus petits festivals : le Blue bird à Ohey et le Micro festival à Liège.

"Ces événements tests sont les premiers à être autorisés à utiliser le Covid safe ticket avant cette fameuse date fatidique du 13 août, explique Didier Gosset, porte-parole de la fédération des festivals de musique en Wallonie et à Bruxelles. D’abord, ça permet à ces événements de se tenir sur des jauges presque normales dans le cas du Blue Bird et du Micro festival et sur une population relativement conséquente pour Esperanzah !. "

Ainsi le Blue Bird va pouvoir accueillir 1500 personnes par jour les week-ends les 30 et 31 juillet. Le Micro Festival va monter jusqu’à 2500 personnes chaque soir les 7 et 8 août. Et puis, Esperanzah ! réduit sur deux jours les 31 juillet et 1er août accueillera 5000 personnes par jour.


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"Ça permet au gouvernement et aux entités fédérées de lancer le Covid safe ticket, continue Didier Gosset. On en parle beaucoup, c’est très joli sur papier mais en pratique, qu’est-ce que ça va donner ? Car effectivement, il reste beaucoup de questions à gérer, c’est d’ailleurs une des raisons qui a amené le Pukkelpop à annuler."

Le changement de la durée de la validité des tests décidé au dernier Comité de concertation pour entrer sur le site a changé la donne. De 72 heures, les tests PCR ne sont plus valides que 48 heures. Quant aux tests antigéniques, après tergiversations, ils sont finalement valides mais sur une durée de 24 heures.

Pour le Pukklepop, cette décision a tout changé. Les organisateurs ne devaient plus tester 7000 personnes par jour (ce qui était déjà énorme) à 21.000 tests par jour sur place soit "21 fois la capacité du centre de test Park Spoor d’Anvers les jours de grande affluence", expliquent les organisateurs. "Il est tout simplement impossible de tester autant de jeunes chaque jour", expliquent-ils.

Des jauges plus réduites

Un tel scénario pour les trois festivals pilotes n’est pas vraiment envisageable puisqu’il s’agit d’un test dont le gouvernement a besoin pour mettre en place le Covid safe ticket. Ensuite, les jauges sont beaucoup plus réduites.

"Le Pukklepop restait un événement somme toute assez titanesque : 66.000 personnes auxquelles on ajoute les artistes et les équipes, décompte le porte-parole de la fédération des festivals de musique en Wallonie et à Bruxelles. Côté francophone, le seul équivalent avec des tailles pareilles, c’est le Grand prix de Spa-Francorchamps qui vise 70.000 personnes. Les conditions y sont très différentes. Regarder une course de Formule 1, ce n’est pas du tout la même approche qu’un festival."

Après le 13 août : le covid safe ticket effectif

Didier Gosset compare cette mesure avec celle d’un autre festival de musique : le Ronquières festival. "Il sera l’un des premiers gros festivals francophones après le 13 août est devenu le plus gros festival de musique en Belgique cet été avec 25.000 personnes par jour. Ce ne sera plus un événement test. Contrairement au Pukklepop, il n’y a pas de craintes d’annulation ici."

Le contexte est en effet différent. D’abord, ce n’est pas parce qu’il y a 25.000 personnes qui participent qu’il faut les tester toutes. "Le public de Ronquières est en moyenne un peu plus âgé que le Pukklepop. Ça veut dire qu’il est potentiellement plus vacciné."

Et puis, contrairement au festival flamand, Ronquières veut décentraliser le testing. "Les organisateurs incitent les gens à faire leur test PCR ou antigénique rapide en amont du festival et chez eux : à Bruxelles, Namur ou Charleroi plutôt qu’à Ronquières et ses alentours, explique Didier Gosset. Les résultats seront téléversés dans l’app covid safe et donc dans le covid safe ticket."

Ronquières va de l’avant

L’enjeu sera plutôt de voir comment un moment de lâcher-prise comme un festival de musique peut se combiner avec de telles règles restrictives. "Ronquières va de l’avant et les préventes se passent très bien mais il est clair que changer les règles du jeu en permanence ne facilite pas les choses. Les festivals travaillent avec les autorités communales et provinciales. A chaque fois, tout est basé sur des accords. Si on change les règles à un niveau, il faut les changer à tous les autres. Ça prend énormément de temps."

60% de festivals annulés en francophonie belge cette année

Du temps et de l’énergie que les organisateurs doivent puiser depuis de longs mois. "Si les festivals vont de l’avant malgré tout, l’ambiance est tout de même à la morosité après une année inexistante où on a tourné à 99% de pertes. Ici, ça fait des mois qu’on se bat pour avoir des protocoles qui nous permettraient de travailler. Nous sommes le 24 juillet et ils ne sont toujours pas complets. Les festivals de septembre ne savent toujours pas à quelle sauce ils seront mangés. Des propositions concrètes sont sur la table du gouvernement depuis janvier à un moment où on espérait encore voir Dour, Werchter ou le Pukklepop. Ils sont tous tombés les uns après les autres."

Par exemple, les Nuits botaniques qui ont finalement lieu en septembre, peuvent maintenir les concerts en extérieur mais ne savent toujours pas ce qu’il en est des concerts en intérieur pour lesquels le covid safe ticket ne s’applique pas.


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Côté francophone, 60% des festivals ont été annulés. Sur les 40% restant, tous sont organisés dans des versions plus réduites et donc plus coûteuses financièrement, explique Didier Gosset. "Ça coûte plus cher à organiser qu’un festival habituel car il n’y a pas d’économie d’échelles alors qu’on demande toujours deux scènes avec le même nombre de techniciens et davantage d’agents de sécurité mais vous vendez moins de tickets, souvent moins chers, sur des capacités plus réduites."

Des constats qui n’empêchent pas les organisateurs d’être contentes de pouvoir montrer que de tels événements peuvent avoir lieu, selon le porte-parole. "Ça montre que la culture peut être clean et safe."

Reportage du JT du 23 juillet :

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