Philippe Lamberts (Ecolo) : "La pandémie renforce la dérive autoritaire du pouvoir exécutif"

Philippe Lamberts, député européen et coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 13 mars sur La Première. En qualité d’eurodéputé, il analyse la gestion actuelle de la crise sanitaire par le pouvoir exécutif. Pour lui, son rôle dérive vers une forme d’autoritarisme.

"Clairement, dans une situation de crise, l’exécutif a un rôle primordial à jouer. Est-ce qu’il y a un risque pour la démocratie ? La réponse est oui, c’est évident. Tout cela se passe à un moment de l’histoire particulier. La prise de contrôle de la vie politique par la branche exécutive est un phénomène qu’on observe partout en Europe et dans le monde. C’est une tendance naturelle. Je vais reprendre l’expression : ‘La justice est une administration alors que c’est une des trois branches du pouvoir, et le Parlement est une chambre d’enregistrement’. Cette tendance naturelle était déjà là avant la pandémie. Mais évidemment, la pandémie renforce la dérive autoritaire des exécutifs. En tout cas, la tendance des exécutifs à capter l’essentiel du pouvoir. Et je pense qu’en Belgique, même si on n’est pas aussi touchés qu’en France, on n’échappe pas à ça".

Pour ce qui est des mesures sanitaires, il poursuit en stipulant qu’il y a un équilibre à trouver entre sécurité et liberté. "Ici, on parle de sécurité sanitaire, donc on restreint les libertés au nom de la sécurité sanitaire. Comme hier ou avant-hier, on restreignait les libertés pour assurer la sécurité physique dans le monde des attentats. Mais la décision d’où on met le curseur entre sécurité et liberté par excellence est une décision qui doit être délibérée et débattue. Et nous n’y sommes pas. Et c’est là que je vois le plus grand risque. C’est dans le passeport vaccinal, c’est dans le fichage des données des gens. Je pense qu’il y a une menace considérable".

La transition écologique

Pour le coprésident des Verts, la transition écologique se fait correctement au niveau européen, et de manière significativement plus effective qu’il y a quelques années. Ce qu’il se demande, c’est si l’on pourra un jour prétendre à une société drastiquement moins énergivore.

"La question, c’est, fondamentalement, de savoir si l’on va réellement entamer la transition vers un système beaucoup moins gourmand en énergie ? C’est l’éternelle question. On pose comme donnée que la demande en énergie va être exponentielle. Mais on ne peut pas la poser comme une donnée. Si ça rend juste la planète invivable pour les humains, je vous garantis qu’à terme, la courbe de demande d’énergie sera à 0, car il n’y aura plus d’humains".

Pour assurer ce changement, il croit en l’importance de l’intelligence collective. "Personne n’a de plan miracle. La seule chose qui peut nous sauver, c’est cette intelligence collective. Il faut une démocratie qui soit beaucoup plus participative. Que les citoyens proposent des recommandations, qui soient ensuite traduites par les élus en lois".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK