Patients qui ont fait le Covid-19 : une seule dose de vaccin à ARN messager suffira-t-elle en Belgique ?

Les patients qui ont contracté le coronavirus et ont développé des anticorps pourront-ils à l’avenir ne recevoir qu’une seule dose de vaccin à ARN messager en Belgique ? Le Conseil supérieur de la Santé doit rendre un avis sur cette question.

Notre pays jusqu’ici a toujours maintenu les deux doses de vaccins pour tous les patients, quels qu’ils soient. D’autres Etats ont fait un choix différent, à commencer par le Royaume Uni. Fin décembre, le gouvernement britannique, sous pression après l’apparition d’un variant du virus, avait décidé de revoir sa stratégie en distribuant la totalité des doses du vaccin Pfizer/BioNTech, afin d’atteindre le plus grand nombre de personnes vaccinées. Et ce, plutôt que de conserver la moitié des lots destinés à une seconde injection.


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De nouvelles études suggèrent qu’une seule dose suffit à stimuler la production d'anticorps en quantité. L’une d’elles est parue récemment dans The Lancet. Elle examine la réponse en anticorps à la première dose de vaccin Pfizer chez des individus précédemment infectés par le coronavirus, grâce au suivi de travailleurs de la santé à Londres, pendant 16 semaines.

24 des 51 travailleurs avaient une infection bénigne ou asymptomatique attestée en laboratoire, et confirmée par la détection positive d’anticorps ; 27 autres sont restés séronégatifs. Tous les participants ont reçu une première dose du vaccin de Pfizer-BioNtech contre le Covid-19. Ils ont été testés 19 à 29 jours plus tard.

Chez les individus non infectés auparavant, les titres d’anticorps (type de prise de sang qui détermine la présence et le niveau (titre) des anticorps dans le sang) après une dose de vaccin étaient comparables à celui des individus ayant une infection naturelle antérieure, qui n’avaient pas encore été vaccinés. Mais parmi les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2, la vaccination a augmenté ce niveau plus de 140 fois par rapport aux pics d'avant le vaccin.

L’étude conclut que ces données suggèrent que "pour les personnes recevant le vaccin à ARN messager de Pfizer-BionTech, une approche potentielle consiste à inclure des tests sérologiques au moment ou avant le moment de la première vaccination afin de donner la priorité à l’utilisation de doses de rappel pour les personnes sans infection antérieure. Cela pourrait potentiellement accélérer le déploiement des vaccins. Avec l’augmentation des variants (Royaume-Uni, Afrique du Sud, Brésil, une couverture plus large sans compromettre l’immunité induite par le vaccin pourrait aider à réduire l’émergence de variants".

Le professeur émérite en immunologie Michel Goldman (ULB) plaide donc pour une adaptation de la stratégie de vaccination en Belgique, en faisant deux suggestions : aligner l’intervalle de temps entre la 1re dose et la 2e dose des vaccins ARN (Pfizer et Moderna) sur celui du vaccin AstraZeneca (passer de 5 à 12 semaines) pour les moins de 65 ans sans comorbidité affaiblissant les réponses immunitaires ; et renoncer à la deuxième dose de vaccin chez les personnes de moins de 65 ans préalablement infectées, pour autant qu’elles non plus ne souffrent d’aucune comorbidité affaiblissant l’immunité.

On ignore encore à ce stade quelle sera la recommandation du Conseil supérieur de la Santé : continuer à suivre le protocole des fabricants tel que validé par l'Agence européenne des Médicaments, ou adapter la stratégie de vaccination. 
 

Vaccins contre le covid-19: une seule dose pour les anciens malades ? (JT 14/02/2021)

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