Non, la bière Corona n’a rien à voir avec le coronavirus

Analyser les recherches les plus populaires sur le premier moteur de recherche mondial, permet parfois d’identifier des comportements singuliers.

C’est d’ailleurs le cas pour l’épidémie de coronavirus qui occupe la une de l’actualité internationale depuis que le virus a été détecté à Wuhan le mois dernier. La peur de contamination et le nom particulier du virus laissent pas mal de personnes visiblement confuses, comme le souligne Vice.

Mardi dernier, le compte Twitter GoogleTrends a noté que l’intérêt des recherches mondiales pour les "symptômes du coronavirus" avait augmenté de 1050% par rapport à la semaine précédente. Il a également répertorié les cinq premières recherches sur Google liées au virus dans les 24 heures précédentes. Dans celles-ci, des questions comme : "comment prévenir le coronavirus" pu "comment le coronavirus se propage".

Jusqu’ici rien d’étonnant. Le besoin d’informations est logique lorsqu’il est question de faire face à une épidémie. Mais en plus d’interroger Google sur les risques et conséquences du virus, certains internautes visiblement confus ont fait un amalgame entre le nom du virus et celui… d’une célèbre bière mexicaine rachetée par le groupe AB Inbev : la Corona.

Le site BoingBoing a découvert que ces derniers jours, il y a également eu un pic dans les recherches pour le "virus de la bière Corona". Certains internautes ont donc pensé qu’en raison de son nom, le coronavirus, également connu sous le nom de nCoV, a quelque chose à voir avec la célèbre marque de bière Corona.

Selon Google, les recherches sur ces mots-clés réunis ont été fréquentes en Amérique du Nord (mais pas au Mexique, où la bière est produite), en Europe occidentale (Finlande), ainsi qu’au Cambodge, à Singapour, en Australie, en Inde, en Indonésie, au Japon, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande.

Seul point commun : l’origine de leurs noms

Associer le coronavirus à une bière juste en raison de similarités dans leurs noms peut sembler étrange. La seule chose que la bière Corona et le coronavirus ont en commun, c’est bien l’origine de leurs noms. En latin, Corona signifie "couronne". Le terme est toujours utilisé par des langues modernes comme l’espagnol, l’italien et le catalan où "Corona" se traduit par couronne.

Et c’est donc bien de cette couronne qui est le point commun entre le virus et la bière, comme le précise Vice.

Les coronavirus ont été nommés de cette façon en raison des pointes en forme de couronne à leur surface.

Pour ce qui est de la bière, quiconque a déjà décollé l’étiquette d’une bouteille de Corona Light a remarqué la couronne qui se trouve sur le slogan "La Cerveza Mas Fina". La Corona a d’ailleurs été inventée avant la découverte du "virus à la couronne". En effet, la Corona a été brassée pour la première fois en 1925, alors que les coronavirus humains n’ont été identifiés qu’en 1965.

Désinformation en ligne au sujet du coronavirus

L’association entre virus et bière peut faire sourire, mais ce n’est pas le seul élément de désinformation qui circule sur la toile au sujet du coronavirus. Le Daily Beast rapporte, par exemple, que des conspirationnistes liés à QAnon suggèrent que la meilleure façon de se protéger des coronavirus est de boire de l’eau de Javel.

Dans les tweets et les vidéos, des membres de QAnon auraient suggéré à leurs adeptes d’acheter et de consommer un produit appelé "Miracle Mineral Solution", "Miracle Mineral Supplement", ou simplement "MMS", une solution à 28% de chlorite de sodium (NaClO2) supposée guérir le SIDA, l’autisme, le virus H1N1, sans aucune preuve clinique.

Cela pose un certain nombre de problèmes, notamment le fait que le MMS est fabriqué avec du dioxyde de chlore. Lorsqu’ils sont mélangés selon les instructions sur l’emballage, les MMS se transforment en un puissant produit chimique utilisé comme agent de blanchiment.

L’été dernier, la Food and Drug Administration (FDA) a émis une mise en garde contre la consommation de MMS et d’autres produits contenant du chlorite de sodium et du dioxyde de chlore. "La FDA a reçu des rapports de consommateurs qui ont souffert de vomissements sévères, de diarrhée grave, d’une hypotension potentiellement mortelle causée par la déshydratation et d’une insuffisance hépatique aiguë après avoir bu ces produits", écrivait alors l’agence.

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