Ne dites plus "britannique" mais Alpha : l’OMS rebaptise les variants du SARS-CoV-2, jugés trop stigmatisants

B.1.17 ou 501.V1, B.1.351 ou 501Y.V2, etc. Retenir les noms scientifiques des variants a de quoi donner mal de tête, à telle enseigne que les noms utilisés par le commun des mortels renvoient à l'origine géographique de leur découverte : britannique, sud-africain, brésilien, indien...

L’OMS a changé la donne par souci de simplification. L’Organisation Mondiale de la Santé estime par ailleurs que le recours aux endroits où les variants ont été détectés est stigmatisant et discriminatoire. La solution trouvée : rebaptiser les variants en lettres grecques.

Les Asiatiques pris pour cible

Les actes et les propos racistes envers la communauté asiatique se sont multipliés depuis le début de la pandémie de Covid-19, notamment aux Etats-Unis. Dans les quartiers chinois de plusieurs grandes villes américaines, la sécurité a même été renforcée après les fusillades qui ont fait huit morts à Atlanta, en Géorgie, le 18 mars dernier.

Les attaques n’ont pas été qualifiées de racistes mais elles ont fragilisé un peu plus une communauté aux aguets depuis que le virus a fait son apparition dans la province de Wuhan. Les propos racistes et les attaques se sont aussi répandus sur les réseaux sociaux.

L’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump, ne s’est jamais gêné pour insister sur l’origine du virus dans ses déclarations et ses tweets en majuscules dès le 16 mars 2020, appelant le SARS-CoV-2 le "virus chinois, au plus fort des tensions avec la Chine. Quand il n’appelait pas le coronavirus "grippe Kung".


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Alpha pour variant britannique

L’OMS s’en réfère donc à la sagesse, ou plutôt à l’alphabet grec, pour éviter tout emballement nauséabond. Les variants (formes du virus avec une combinaison inédite de mutations) portent désormais le nom d’une lettre grecque.

Les noms scientifiques continuent d’exister car ils fournissent des données utiles aux experts, mais, précise l’OMS dans un communiqué, "L’organisation ne les utilisera plus dans sa communication quotidienne et elle encourage vivement les autorités nationales, les médias et autres à adopter les nouveaux noms".


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Ainsi le variant B.1.17 ou 501.V1 a été baptisé Alpha. La première lettre de l’alphabet grec a été attribuée au variant identifié pour la première fois au Royaume Uni et jusqu’ici appelé britannique, devenu très largement majoritaire en Belgique.

Ce variant est plus contagieux que la souche chinoise du SARS-CoV-2. Quant à sa dangerosité, toutes les études n’arrivent pas au même résultat. Selon deux études menées au Royaume Uni, parues dans le British Medical Journal et dans Nature, le taux de mortalité est légèrement plus important en comparaison avec les souches existantes. D’autres études indiquent, elles, que le virus n’est pas plus dangereux mais que sa charge virale est plus importante.

Bêta, Delta, Kappa

Le variant B.1.351 ou 501Y.V2, identifié pour la première fois Afrique du Sud, devient Bêta. Il s’agit d’un variant qui se transmet très rapidement. Il est passé du stade "inconnu" à "majoritaire à 83%" en sept semaines et des points d’interrogation subsistent sur sa dangerosité. L’Afrique du Sud, pays le plus touché du continent africain, est confronté à cette souche depuis l’automne et affronte en ce moment une troisième vague de l’épidémie.

Le variant brésilien, de ses noms scientifiques B.1.128 ou 501Y.V3, devient Gamma. Lui aussi s’est transmis très vite au Brésil (facteur de transmissibilité accrue de 80 à 110% par rapport aux souches d’origine sur le territoire brésilien où il est apparu). Il est donc environ deux fois plus transmissible. Il pourrait engendrer des formes sévères de la maladie auprès d’une population jeune, selon les médecins locaux.

Les variants indiens B.1.617.2 et B.1.617.1 deviennent respectivement Delta et Kappa. Ces variants sont responsables de la vague épidémique que connaît l’Inde depuis plusieurs semaines. Une vague qui est dans sa descente avec 153.270 nouvelles contaminations ce 2 juin, portant l’ensemble des contaminations en Inde à 28,44 millions.

Variant britannique: JT 19/02/2021

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