Menaces de décapitation, appels au meurtre : le cri d’alarme de scientifiques français face à l'impunité

"Il y aura des violences physiques". Cette impression que ça va mal finir, elle est partagée par un groupe d’éminents scientifiques français, ainsi que par l’association Citizen4Science, une asbl réunissant des citoyens pour promouvoir la "science bien faite" et lutter contre la désinformation, le syndicat médical UFML (syndicat de l’Union française pour une médecine libre), et le Collectif FakeMed, un groupe de professionnels de la santé travaillant pour la promotion d’une médecine fondée sur les faits.

Cela dure depuis un an et demi, au moins. Beaucoup d’entre eux ont déposé plainte, contre leurs agresseurs anonymes passant généralement par les réseaux sociaux. En vain. Le réseau social Twitter ne livre pas les noms des agresseurs.

"Il faut que ça s’arrête"

La goutte d’eau qui a fait déborder ce vase de haine, c’est sans doute un article de France Soir. A la fin de l’article, une menace non voilée de guillotine à l’égard des scientifiques défendant une science basée sur les preuves : "La Veuve s’impatiente". La "veuve", c’est le surnom de la guillotine.

L’article, intitulé "Covid-19 (diagnostic, traitements, vaccin) : panorama d’une escroquerie", et basé sur de la désinformation, a été relayé par le professeur Didier Raoult, ex-sommité de l’IHU Marseille. Ce relais a entraîné une nouvelle vague d’appel aux meurtres sur les réseaux sociaux. A la suite de cela, le collectif a déjà publié une tribune le 31 août dernier sur L’Express.fr.

Doxing (divulgation d’informations privées), antisémitisme, agressions écrites et orales, ils ont déjà tout vécu. Mais les plaintes ne débouchent sur rien de concret. C’est la raison pour laquelle ils ont organisé cette conférence de presse, car comme l’explique Damien Barraud, réanimateur à l’hôpital de Metz-Tihonville : "J’ai peur qu’avec les élections qui approchent, ça ne fasse que s’amplifier. Il faut que ça s’arrête." Il a lui-même eu des menaces sérieuses comme "Personne ne court plus vite qu’une balle" et a déposé plainte, sans suite.

Un noyau scientifique alimente cette haine, relayée par certains (ex) membres de l’IHU Marseille. Les agresseurs défendant envers et contre tout le professeur Didier Raoult, aujourd’hui à l’écart de l’IHU, alors que des analyses rigoureuses de son étude sur l’Hydroxychloroquine ont montré de nombreux biais et erreurs.

Appel au sursaut et à l’action

Les scientifiques regroupés dans ces collectifs rappellent que l’appel à la haine, les menaces de mort et la provocation aux crimes sont des délits pénaux. "Il est inadmissible", disent-ils, "qu’un média agréé" (ndlr : France Soir) "et soutenu financièrement par l’Etat puisse les publier sans même être inquiété". Ils "déplorent l’inaction des pouvoirs publics à réagir et à laisser perdurer un harcèlement ciblé."

"Pour l’instant, on n’a pas eu de drame, mais il y a un risque que ça arrive", explique François Morel, chirurgien, et membre du collectif de vulgarisation scientifique "NoFakeMed".

 

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