Matériel informatique et encre d'imprimante : le nouvel or noir au temps du coronavirus

Dans ce magasin spécialisé en cartouches d’encre à Bruxelles, on est débordé depuis deux mois : "En 15 ans de métier je n’avais jamais vu ça ! C’est comme une vague, ça nous a submergés" confie le vendeur. La forte et soudaine augmentation du recours au télétravail a créé de nouveaux besoins : casques-micro pour les visioconférences, imprimantes et encre pour imprimer des documents professionnels ou des cours d’étudiant, tablettes et ordinateurs portables pour équiper les employés à domicile. Les ventes ont augmenté de 900% pour certains produits. Conséquence : pénurie et augmentation des prix.

Tout le monde veut la même chose en même temps

Sur le site de la chaîne de magasins Mediamarkt, par exemple, tous les casques-micro d’entrée de gamme sont en rupture de stock pour l’instant. "C’est comme le papier toilette compare Janick De Saedeleer, porte-parole de Mediamarkt. Il y a une très forte demande sur le matériel informatique ! Et on espère que les stocks vont rentrer bientôt. Tout ce qui est imprimante, deuxième écran, casque,… Pour certains produits les ventes ont été multipliées par 5 parfois même par 9 dès les premiers jours du confinement sur notre site de vente et ça continue dans nos magasins depuis qu’on a rouvert". La meilleure vente du rayon bureautique depuis deux mois c’est la webcam.


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Même augmentation des demandes dans notre magasin de cartouche d’encre, "on est en pénurie dans plusieurs modèles de cartouche confie Roland Ronsmans, responsable chez Kitencre. De temps en temps, j’en ai quelques-unes qui rentrent mais ça part tout de suite. Hier, j’ai un client qui est venu de Lille ! Il a appelé, je venais de recevoir 20 cartouches d’un modèle dont il avait besoin, on lui en a mis une de côté, il est venu juste pour ça". Depuis le début du confinement, les ventes dans ce magasin ont triplé, là aussi sur Internet d’abord et puis sur place depuis 15 jours.

Des usines à l'arrêt

Il y a donc une forte demande mais le problème, pour Roland Ronsmans, c’est qu’en même temps l’offre a, elle-même, chutée : "Pendant deux mois, les usines ont été à l’arrêt en Asie. On a écoulé les stocks qu’on avait en Europe et c’est maintenant qu’on subit le contrecoup de ces 8 semaines d’arrêt de la production. Et puis les bateaux sont parfois encore bloqués dans les ports, à Rotterdam ou à Anvers". La pénurie de certains modèles mettra des semaines à se résorber.

Difficile en conséquence de prévoir la disponibilité des produits et d’informer le client. "On est tributaire des livraisons de Chine explique Janick De Saedeleer. On nous promet un stock de webcam pour la mi-juin, c’est ce que nous dit notre fournisseur. On attend pour voir si ça se concrétisera. Tout ça dépend de l’évolution des mesures sanitaires et de la maladie".

45€ plus cher pour une imprimante

C’est souvent le cas quand la demande augmente soudainement et que l’offre, elle, ne suit pas : le prix augmente. Certaines cartouches d’encre noire d’entrée de gamme coûtaient 32€ il y a 3 mois. Le même modèle est aujourd’hui à 39€. "Nous, on se fournit entre 10 et 15% plus cher chez certaines grandes marques explique Roland Ronsmans de chez Kitencre. Certaines en profitent pour augmenter les prix".

Même constat chez Test-Achat, l’association de défense des consommateurs qui suit attentivement l’évolution des prix. Le modèle qu’ils ont désigné comme "maître-achat" en matière d’imprimante était en moyenne (en fonction du vendeur) de 260€ il y a 3 mois. Prix moyen du même modèle aujourd’hui, 305€. C’est 17% d’augmentation.

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