Masques vendus dans les grandes surfaces: "Certains abusent de leur position et de leur situation" selon Test-Achats

Vente de masques chirurgicaux dans un supermarché
Vente de masques chirurgicaux dans un supermarché - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Cela ressemble de plus en plus à une saga. Recherchés comme denrées rares il y a encore quelques semaines, les masques chirurgicaux remplissent désormais les rayons des grandes surfaces. Mesure de protection contre le coronavirus, obligatoire dans les transports en commun, recommandé dans les magasins, le masque est devenu une des priorités d'achat des consommateurs. Mais une fois en leur possession, bon nombre de citoyens déchantent.  

Mauvaise qualité, prix exorbitant  

On ne compte plus le nombre de commentaires de consommateurs excédés, publiés sur les réseaux sociaux. "J'ai payé 31,49 euros la boîte de 50 masques et quand je l'ouvre, c'est du papier à cigarette" écrit cette internaute qui s'est procurée ses premiers masques chirurgicaux en grande surface. Certains experts du monde scientifique pointe également la mauvaise qualité de ces masques. 

Face aux critiques, le secteur de la grande distribution rappelle qu'il ne fait aucun bénéfice sur ces ventes, que les masques sont conformes et ont été approuvés par le gouvernement fédéral. 

La loi de l'offre et la demande 

Sous le feux des questions hier à la Chambre des représentants, la Première ministre se réjouissait qu'"Il n'y a plus de pénurie sur le marché".

Concernant le nombre exact, Sophie Wilmès annonçait que "Le stock stratégique fédéral dispose de 40 millions de masques disponibles sur demande. La grande distribution fournit en outre 5 millions de masques par semaine au bénéfice du stock fédéral ou interfédéral. Cette ouverture (de la vente aux supermarchés) permet aussi d’alimenter notre réserve." Ajoutons à cela 12 millions de masques en tissu annoncés pour la fin du mois de mai ainsi que 22 millions de filtres pour renforcer les masques faits maison. 

Sur les prix, la Première ministre lançait "Arrêtons les raccourcis. Nous sommes sur un marché mondial avec la loi de l’offre et de la demande. Faire semblant que cela n’existe pas, c’est mentir à la population."

"Une gestion politique chaotique"

Des réponses qui font bondir Test-Achats. L'association de protection des consommateurs a enregistré près de 300 plaintes depuis trois semaines. Pour son porte-parole Jean-Philippe Ducart, ce dossier des masques est "une gestion politique chaotique". "Nous sommes dans le royaume de débrouillardise" ajoute-t-il. Test-Achats prépare d'ailleurs une lettre qu'elle compte adressée au gouvernement fédéral.

Dans ce courrier - que nous avons pu lire en exclusivité - Test-Achats estime que "nous ne sommes pas dans un système parfait de l'offre et la demande mais dans une situation de crise exceptionnelle où certains abusent de leur position et de leur situation".

Test-Achats pointe "la distribution chaotique en grandes surfaces", "la piètre qualité des masques dans des conditionnements peu adaptés", "l'option de masques jetables et de basse qualité" au détriment d'une offre publique de masques tissus comme le réclame une grande partie du monde scientifique. 

Sur le prix, l'association de protection des consommateurs demande qu'il soit plafonné, à l'image de ce qui se fait dans d'autres pays, comme l'Italie où le masque est vendu à 50 cents, la France et ses 95 cents le masque. 

La qualité des masques vendus actuellement dans les grandes surfaces fait réagir Test-Achats. "Il ressort que des faux certificats ou des certificats de complaisance censés attester de la qualité et de conformité, circulent". Test-Achats envisage d'ailleurs de déposer plainte. "La certification actuelle ressemble de plus en plus à l'auto-certification du label CE pour toute une série de produits, venant notamment de Chine et dont la valeur est pour le moins douteuse". 

Test-Achats plaide donc pour une régulation forte sur la distribution et la qualité des masques distribués ou mis en vente. L'association réitère sa demande au gouvernement fédéral de 5 masques en tissus lavables pour chaque citoyen.   

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK