Coronavirus en Belgique : les tests sérologiques du COVID-19, c'est pour quand ?

"C’est maintenant"… aurait-on envie de répondre. Cela fait trois semaines que des scientifiques plaident pour l’instauration en Belgique de tests COVID-19 qui mesurent non pas l’infection, mais l’immunité acquise suite à celle-ci.

Le nombre de tests augmente progressivement, mais il s’agit toujours des tests PCR qui mesurent la présence ou non du virus dans notre corps. Le ministre Philippe De Backer en annonce 10.000 par jour. On n’y est pas encore. Mais ces tests PCR n’ont pas non plus une efficacité de 100% : il y a une zone grise de faux négatifs, qu’on évalue à entre 20 et 30%.

Essais convaincants

A côté de cela, il y a donc les tests sérologiques, qui mesurent l’immunité, les anticorps produits suite à une contamination par le virus. Parmi les fournisseurs sur le marché belge, la société liégeoise Zentech s’apprête à lancer sa propre production de tests d’immunité. Une phase d’essai préalable de 500 tests de ce type a eu lieu au CHU de Liège et s’est montrée plus que convaincante.

Le rapport conclut que le test rapide de dépistage des anticorps COVID-19 de la firme Zentech répond aux exigences. Il pourrait servir de moyen diagnostic a posteriori (au moins 15 jours après une infection COVID-19) chez un patient, quand aucun test PCR classique n’a été réalisé malgré une suspicion clinique ou qu’il s’est montré négatif.

Il pourrait aussi permettre de réaliser une vaste étude pour mesurer l’immunité (présence d’anticorps IgG COVID-19) dans la population belge. Il faudrait alors la réaliser 15 jours à 1 mois plus tard pour les détecter.

Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Première précision : selon nos informations prises auprès de l’Agence, il n’est pas nécessaire de modifier la législation pour commercialiser ces tests à grande échelle. L’Arrêté royal du 17 mars 2020 qui interdit l’importation de tests rapides vise uniquement les "auto-tests" réalisés chez soi par tout un chacun. Pas besoin de l’abroger, donc.

L' AFMPS a une priorité : sécuriser la chaîne de distribution de ces produits. Elle a reçu vendredi dernier le rapport de Zentech prouvant l’efficacité de sa méthode. Ces résultats favorables devraient permettre de mettre le turbo pour que l’Etat belge procède à un achat.

Il restera à régler les bénéficiaires prioritaires, à commencer par le personnel soignant. Le signal doit venir de l’AFMPS, qui attend à son tour de connaître les capacités de production de Zentech pour envisager une commande. Le déclic ne tient qu’à un fil… dirait-on.

En attendant

Sciensano mentionne pour l’instant sur son site que plusieurs entreprises mettent déjà à disposition des kits sérologiques et des tests ELISA (méthode plus lente qui permet de mesurer le dosage d’anticorps sur des plaquettes avec des extraits du virus). Ces kits et tests ELISA sont en cours de validation auprès de l’Agence, dit-elle, "afin de pouvoir garantir au maximum la qualité des résultats sérologiques".

Ce que l’on attend, c’est que l’AFMPS communique quels sont les kits rapides et tests ELISA validés et recommandés pour les laboratoires belges. Seuls les tests recommandés par l’AFMPS et Sciensano bénéficieront de ce remboursement.

Des fenêtres de tir différentes

Ces tests (PCR, sérologiques rapides et Elisa) sont complémentaires. La PCR mesure l’infection et ne répond qu’en fonction d’une certaine charge virale, et de la présence du virus au niveau du nez ou du pharynx. Les tests rapides sérologiques peuvent mesurer la réponse corporelle à l’infection et donc apporter la preuve que la personne a été antérieurement contaminée.

Enfin, les tests ELISA donnent une mesure beaucoup plus fine (et plus coûteuse, plus lourde) de cette sérologie. Tous correspondent à des fenêtres de tir différentes pour les médecins et les laborantins.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec les semaines qui passent, la fenêtre de tir est aujourd’hui grande ouverte, pour entamer ces tests sérologiques rapides. Et comme la Belgique est loin d’être seule à vouloir en mettre en place, il ne faudrait pas trop tarder à signer les bons de commande.

Sujet JT du 14 avril 2020 : le parcours d'un test de dépistage

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