Nettoyeurs de chambres "COVID-19", dans l'ombre du coronavirus

Les nettoyeurs des chambres dans l'ombre du coronavirus
Les nettoyeurs des chambres dans l'ombre du coronavirus - © Guido Mieth - Getty Images

Cela faisait des mois que Mohammed cherchait du travail, en vain.  Il y a deux semaines,  une société de nettoyage le contacte. Le lendemain matin, il se retrouve en formation accélérée, et l'après-midi même, il nettoie sa première chambre "covid 19" dans un grand hôpital universitaire. Comme des dizaines d'autres étrangers au statut précaire.

Formation express et précautions maximales 

En une matinée de trois heures, une équipe de l'hôpital explique comment se protéger avec la blouse, les gants, le masque et le casque, quels gestes effectuer ou éviter, et pourquoi. "Avant tout, les formateurs nous ont expliqué comment nous protéger, puis comment désinfecter chaque chambre", explique Mohammed. Les protections sont posées devant chaque chambre.

"Avant de sortir de la chambre, on dépose la blouse dans la poubelle à l'intérieur de la chambre, pour ne pas contaminer les couloirs. Les casques, un par chambre, sont systématiquement désinfectés et posés devant la porte". Tout est prévu pour sécuriser le personnel au maximum.


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Des contacts se nouent avec certains patients

"On nous a même expliqué comment nous adresser aux patients, comment être poli et gentil, car ils ne reçoivent aucune visite" raconte Mohammed qui a le contact facile. "Certains me parlent de leur femme ou de leur mari, d'autres me demandent carrément d'aller nettoyer chez eux", s'amuse le jeune homme.

"Certains essaient de me retenir pour bavarder un peu". Il faut compter 20 minutes pour nettoyer et désinfecter une chambre occupée, le double quand un patient s'en va. "Tout y passe : le lit, les armoires, la télévision, la télécommande, le sol, les murs, le plafond, il ne faut rien laisser du virus". Très vite la chambre est occupée par un nouveau patient. "Je n'ai parfois pas le temps de leur dire au revoir", regrette tristement Mohammed. 

7 jours sur 7 pour 13 euros bruts de l'heure

Après sa journée, Mohammed prend une douche sur place, c'est obligatoire. "On nous contrôle parfois", dit Mohammed, compréhensif. C'est un travail fatiguant et il est parfois inquiet mais "je sais", dit-il, "que tout est fait pour nous protéger". A la moindre alerte, au moindre mal de gorge, ils doivent le signaler. "Ma plus grande inquiétude , c'est de voir la réserve des protections diminuer".

Mohammed travaille 7 jours sur 7 car on manque de bras. Il est payé 13 euros bruts de l'heure, avec un contrat renouvelé toutes les deux semaines. Comme lui,  des dizaines de personnes précarisées se sont présentées. Des femmes et des hommes qui viennent essentiellement d'Afrique noire et d'Afrique du nord, et certains de l'est de l'Europe.