Les hommes sont-ils plus susceptibles de mourir du coronavirus que les femmes ?

Une femme munie d'un masque assiste à l'enterrement d'une victime du coronavirus à Madrid, le 23 mars 2020.
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Une femme munie d'un masque assiste à l'enterrement d'une victime du coronavirus à Madrid, le 23 mars 2020. - © BALDESCA SAMPER - AFP

L’épidémie de coronavirus est loin d’être circonscrite, mais elle livre déjà ses premières statistiques. Ainsi, le profil des personnes infectées se dessine petit à petit, tout comme celui des personnes qui en décèdent.

Tordons directement le cou à deux idées qui se sont installées au fil des semaines : non, les femmes ne sont pas largement moins touchées que les hommes, et non, les jeunes ne sont pas épargnés par le covid-19.

Ainsi, sur le schéma ci-dessous, publié par Sciensano, l’Institut belge de la Santé, on remarque que ce sont les femmes âgées de 40 à 49 ans qui sont les plus représentées parmi les personnes atteintes par le covid-19. Jusqu’à 50 ans, les femmes semblent en effet plus touchées par le coronavirus que les hommes. Une tendance qui s’inverse nettement entre 50 et 90 ans.


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Une première explication a été évoquée ce matin par le docteur Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le covid-19 : "Nous voyons que dans les tranches d’âge plus jeunes, il y a une proportion plus importante de femmes, cela est peut-être dû notamment au fait que parmi le personnel de soins qui est testé, il y a une proportion plus importante de femmes".

Environ 150 jeunes de moins de 20 ans sont également touchés par le coronavirus en Belgique.

"L’infection concerne tout le monde, toutes les catégories d’âge et les deux sexes" a confirmé ce matin le docteur Emmanuel André.

En ce qui concerne le taux de mortalité du coronavirus, les statistiques sont claires : c’est entre 65 et 84 ans qu’il est le plus élevé. Quant à savoir si les hommes sont plus représentés parmi les 178 victimes belges du coronavirus, la réponse reste floue. Selon Sciensano, la Belgique ne "dispose pour l’instant pas d’assez de recul concernant ces données".

Une tendance claire en Espagne et en Italie

Tournons-nous dès lors vers l’Italie et l’Espagne pour tenter de vérifier cette information : les hommes sont les principales victimes mortelles du coronavirus. Cette affirmation est effectivement corroborée par les statistiques des instituts sanitaires italien et espagnol.

Selon le dernier bulletin de surveillance du Covid-19 publié par l’Institut supérieur de la Santé italien, et datant du 19 mars, le taux de mortalité est de 10,3% chez les hommes et de 6,2% chez les femmes en Italie. Un niveau bien supérieur à la moyenne mondiale. Dans l’ensemble, plus de 70% des Italiens décédés du coronavirus sont des hommes.

En Espagne, les statistiques vont dans le même sens : le taux de mortalité est de 4,6% chez les hommes et de 2,6% chez les femmes dans l’échantillon analysé par le centre national d’Épidémiologie espagnol.

Reste une question : pourquoi ?

Pourquoi les femmes décèdent-elles moins du coronavirus que les hommes ? A cette question, pas de réponse encore côté belge. Mais plusieurs explications ont déjà été avancées, comme le meilleur système immunitaire des femmes, le plus faible taux de femmes atteintes de maladies telles que le diabète et l’hypertension ou encore leur propension plus faible à fumer que les hommes.

Une explication qui rejoint en partie l’analyse de l’institut supérieur de la Santé italien, qui estime que les fumeurs ont deux fois plus de chances de finir en soins intensifs que les non-fumeurs. En Italie, 7 millions d’hommes fument, contre 4,5 millions de femmes.

D’autres explications surgiront sans doute à l’analyse des multiples données des instituts de santé des pays concernés par l’épidémie. Une analyse qui pourrait se révéler capitale pour soigner au mieux les futurs patients, en fonction de leur âge, de leur sexe et de leurs antécédents.

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