Le variant Delta du coronavirus augmente le risque d’hospitalisation chez les non vaccinés

Mieux connaître l’ennemi et son nouvel habit génétique, c’est impératif à mesure que des variants "préoccupants" (classés VOC, "variant of concern" par l’OMS) du SARS-CoV-2 se développent.

Le dernier en date, le variant Delta (anciennement appelé variant "indien"), fait l’objet d’une publication nouvelle dans The Lancet Infectious Diseases, qui permet de mieux le cerner. Cette grosse étude de Twohig et al. repose sur l’observation de 43.338 cas positifs de Covid-19 en Angleterre, entre le 23 mars et le 23 mai 2021.

Les cas positifs ont fait l’objet d’un séquençage génomique. Les données ont été croisées avec les données de vaccination, de fréquentation des services d’urgences, d’admissions à l’hôpital et de mortalité. Cela a permis de comparer les nombres d’hospitalisations et d’admissions, en fonction de la séquence génétique du virus, selon qu’il s’agissait du variant Delta, ou du variant Alpha (l’ancien variant "britannique").


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Plus d’hospitalisations, plus de soins intensifs avec le variant Delta

Les résultats montrent que les patients infectés par le variant Delta présentent un risque accru d’hospitalisation et de fréquentation des soins intensifs. Ce taux d’hospitalisation était particulièrement élevé chez les patients non vaccinés. Il était très faible dans les deux cas pour les patients vaccinés. Les auteurs n’ont pas noté d’augmentation du risque de mortalité, avec le variant Delta, par rapport an variant Alpha.

Par conséquent, la propagation du variant Delta dans des populations non vaccinées peut engendrer une pression plus forte que le variant Alpha sur les services de santé. Un élément important pour les mois qui viennent, alors que le variant Delta représente désormais la quasi totalité des nouvelles contaminations en Belgique.

Limites

Les deux groupes de patients, infectés par le variant Alpha, ou Delta, présentaient cependant de légères différences : l’âge moyen des patients "Delta" était plus bas que ceux des patients "Alpha", et il y avait dans le groupe du variant Delta une plus grande proportion de patients d’origine asiatique. Ces variations en termes d’âge et d’ethnicité pourraient, explique l’un des "reviewers", le professeur Jérôme Lechien (UMons), avoir un impact sur l’analyse comparée des données d’hospitalisation et de mortalité.

Dans cette étude, 74% des patients n’étaient pas vaccinés. Cela s’explique, car à l’époque de la récolte des données (entre mars et mai 2021), le taux de vaccination au Royaume-Uni n’était pas aussi avancé qu’aujourd’hui et seuls les patients à risque avaient reçu le vaccin. Les auteurs du rapport précisent d’ailleurs que de nouvelles études pourront mieux déterminer les risques d’hospitalisations et de décès en fonction des différents variants en tenant compte du nombre de doses de vaccins administrées.

Des études plus approfondies (cohorte plus importante) tenant compte notamment des comorbidités, facteurs démographiques et socio-économiques permettront aussi des soins et un suivi plus personnalisé aux patients.

En Belgique, selon le dernier rapport du 24 août de surveillance génomique du Laboratoire national de référence (UZ Leuven& KU Leuven), le variant Delta représente actuellement 99,4% des contaminations.

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