Le vaccin à une seule dose de Johnson & Johnson pourrait changer la donne

Ce vendredi marquera une étape importante pour le vaccin de Johnson et Johnson, et par conséquent, pour l’accélération future d’une protection des Belges contre la maladie Covid-19. Ce vaccin de Johnson & Johnson dont le développement a été conduit par Janssen, une compagnie pharmaceutique établie dans notre pays, doit recevoir en principe l’autorisation d’urgence (Emergency Use Authorization) de la FDA, le régulateur américain (Food and Drug Administration). Et en Europe, me direz-vous ? L’Agence européenne des Médicaments (EMA) a reçu le mardi 16 février la demande d’autorisation conditionnelle de mise sur le marché de ce qui sera alors le 4e vaccin contre le Covid-19 en Europe. Elle devrait donner sa réponse à la mi-mars.

Le premier à une seule dose

Lorsque ce candidat vaccin sera autorisé à être mis sur le marché en Europe, il pourra prendre le chemin de la Belgique, qui en a commandé 5 millions de doses. C’est un vaccin à vecteur viral, qui repose donc sur une technique plus traditionnelle que les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNtech et Moderna. Cette technologie est identique à celle du vaccin AstraZeneca et de l’Université d’Oxford, mais l’adénovirus servant de vecteur est différent. La particularité du vaccin de Johnson & Johnson est qu’il ne nécessite qu’une seule dose. Celui d’AstraZeneca, pour rappel, exige l’injection de 2 doses, avec un intervalle idéal de 12 semaines, pour un maximum d’efficacité. Le vaccin mono dose de Johnson & Johnson permet de gagner un temps considérable.

Efficace contre la maladie

De toutes nouvelles données publiées en ligne par la FDA montrent que le vaccin a une efficacité de 66% pour éviter de contracter une forme "modérée à sévère" de la maladie et ce, dès 28 jours après l’injection. Mais surtout, les données récentes fournies par région montrent qu' il est efficace contre des variants largement répandus : en Afrique du Sud, le vaccin de Johnson & Johnson s’est montré efficace à 64% contre la maladie sévère, 28 jours après l’injection ; aux Etats-Unis, cela monte à 72% et au Brésil, à 87,6%.

Cette efficacité de 66% est inférieure à celle des vaccins Pfizer et Moderna (respectivement de 95 et 94%), mais elle protège à un niveau quasi comparable contre la survenue d’une forme grave de la maladie : 85%, dès le 28e jour.

Cet essai clinique a été réalisé sur une grosse cohorte de 43.783 participants, dans 8 pays et sur 3 continents (Etats-Unis, Amérique du Sud et centrale, Afrique du Sud). Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’il y avait 34% de participants âgés de plus de 60 ans.

Le régulateur américain souligne aussi que le vaccin présente un "profil de sécurité favorable". On ne voit donc pas ce qui pourrait empêcher l’attribution d’une autorisation d’urgence par la FDA pour Johnson & Johnson, tout comme cela a été le cas pour Moderna et Pfizer-BioNtech.

Une logistique simple

Pas besoin de gros congélateurs à -75 degrés, comme pour le vaccin de Pfizer-BioNtech. Comme pour les autres vaccins à adénovirus, le vaccin de Johnson & Johnson peut être conservé pendant 2 ans à – 20 degrés, selon le fabricant, dont au moins 3 mois à des températures "frigo" entre 2 °C et 8 °C.

Coup de pouce du français Sanofi

Le géant américain J&J bénéficiera d’un soutien du laboratoire français Sanofi, qui n’est pas encore de mesure de lancer son propre vaccin. Sanofi va prendre en charge des étapes de la fabrication du vaccin de Johnson & Johnson, comme la formulation et le remplissage des flacons, dans son usine de Marcy-l’Etoile, près de Lyon. Le laboratoire français a déjà décidé de mettre son usine allemande de Francfort à disposition de Pfizer-BioNtech pour la mise en flacons de son vaccin à ARN messager.

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