Coronavirus : la société liégeoise ZenTech cite l'Etat belge en référé pour 1,2 million de tests sérologiques non payés

La société liégeoise ZenTech cite l'Etat belge en référé pour des 1.2 millions de tests sérologiques non payés
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La société liégeoise ZenTech cite l'Etat belge en référé pour des 1.2 millions de tests sérologiques non payés - © ERIC LALMAND - BELGA

L’entreprise Biotech wallonne ZenTech a annoncé ce mardi citer l’Etat belge en référé au Tribunal de première instance de Liège suite à "une carence fautive". La compagnie liégeoise reproche au cabinet du Ministre De Backer un non-respect du contrat les unissant. Notamment, 1,2 million de tests ont déjà été produits et restent en attente de paiement. Le ministre, lui, ne se dit "pas impressionné".

Tout avait bien commencé

Mardi 24 mars, la société biotech liégeoise ZenTech annonce qu’elle va proposer un test de dépistage rapide du COVID-19 à destination des professionnels du CHU de Liège. Le kit, développé en Chine où il a déjà été utilisé pour faire face à l’épidémie de coronavirus, est alors fourni en 1000 exemplaires à l’hôpital liégeois pour être validé.

Quelques semaines plus tard, les résultats sont excellents. Le 19 avril, ZenTech reçoit un contrat-cadre de l’Etat fédéral en vue de lui livrer 3,65 millions de tests sérologiques pour détecter le SARS-COV-2, dans le cadre de la lutte contre le COVID-19.

La production est alors lancée avec l’objectif de fabriquer 5 millions de tests en 4 semaines dans les Ateliers Jean Del’Cour où une chaîne de conditionnement a été installée. Fin du mois, les tests liégeois sont validés par l’Agence fédérale des médicaments (AFPMS) et peuvent donc être commercialisés en Belgique.

L’Etat belge tergiverse

Début mai et selon les termes du contrat, une première commande ferme de 75.000 tests est passée. L’Etat devait prépayer ces tests mais un mois et demi plus tard, le versement n’avait toujours pas eu lieu.

En clair le fédéral tergiverse pour une raison simple : une absence de consensus entre tous les ministres de la santé et la Première ministre Sophie Wilmès.


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La situation stagne en Belgique alors que les commandes pour les pays étrangers affluent mais Zentech est coincé par sa commande belge avec un million de tests en stocks.

Une contre-attaque inévitable

Ce 4 août, presque quatre mois après la signature du contrat, la biotech wallonne a donc décidé de réagir en citant l’Etat belge en référé. Dans son communiqué, ZenTech déclare qu’elle a passé 3 mois sans recevoir de réponse à ses courriers et courriels envoyés à l’Etat jusqu’au début du mois de juillet ou l’entreprise a été convoquée à une négociation pour "envisager une révision du contrat à la baisse sous prétexte de 'changement du marché'."

Toujours selon les explications ZenTech, une proposition de révision du contrat devait être faite par le "négociateur" du Ministre De Backer, en charge du dossier, dans les jours qui suivaient mais "aucune proposition ni orale ni écrite, de l’Etat n’a été reçue par ZenTech si ce n’est ce 4 août, une demande de reporter la proposition attendue jusqu’en septembre."

ZenTech déclare aussi avoir engagé 4 millions d’euros de frais pour honorer sa part du contrat, c’est-à-dire, livrer en temps et en lieu, les tests sérologiques rapides demandés par l’Etat belge : "au début du mois de juillet, 1,2 million de tests ont déjà été produits et restent toujours en attente de paiement."

Nous avons pris contact avec le ministre De Backer en charge de ce dossier. Ce dernier nous a répondu "ne pas être impressionné" et que son cabinet "est en train de négocier avec eux, dans un esprit constructif" sans vouloir ne rien ajouter.

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