L'immunité des Belges contre le coronavirus en question à l'heure du déconfinement

L'immunité des Belges contre le coronavirus en question à l'heure du déconfinement
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L'immunité des Belges contre le coronavirus en question à l'heure du déconfinement - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le conseil national de sécurité décide ce vendredi de l’organisation pratique de la sortie de cette crise liée au coronavirus.

Une bonne immunité des Belges face au coronavirus est une des clés pour réussir un déconfinement sans trop de dégâts. Mais pour l’heure, on sait encore peu de choses sur l’immunité que produit ou pas ce nouveau virus.

Une étude à large échelle, menée par l’université d’Anvers, a traqué les anticorps contre le SARS-COV2, dans des échantillons de sang de 3686 Belges.

Seulement 3%

Trouver ces anticorps, c’est affirmer que la personne a rencontré le virus et que son système immunitaire s’est battu contre le virus. Et là, déception, seuls 3% d’entre eux possédaient ces fameux anticorps.

Même si les autorités de santé, lors du point presse quotidien de ce matin, estiment que ces prélèvements datent de 3 semaines et que depuis le taux de personnes immunisées a sans doute un peu augmenté. Qu’importe, on ne se trompe pas en affirmant qu’une grande majorité de Belges reste très vulnérable au virus.

Pour avoir une protection collective, il faudrait que 50 à 70% des citoyens soient immunisés. On en est très loin. Pierre Van Damme, l’un des épidémiologistes qui a réalisé l’étude anversoise prévient : "Avec le déconfinement, le gouvernement doit aussi tenir compte la population qui est encore vulnérable face au virus, il faut éviter un deuxième pic d’infections, d’hospitalisations et de décès. Il faudra détecter très précisément les nouveaux cas, pour éteindre tout de suite l’incendie."

Immunité collective nulle ! Place aux tests sérologiques sur la présence d’anticorps dans le sang ?

Les autorités persistent et signent. Des tests sérologiques seront déployés quoiqu’il arrive pour tenter de sécuriser la fin du confinement.

Il y a quelques jours, l’infectiologue des cliniques universitaires saint Luc, Jean-Luc Gala, nous expliquait toute la difficulté d’évaluer cette immunité contre le virus. Rappelant que beaucoup de patients ont été infectés sans le savoir avec peu ou pas de symptômes. Chez eux l’immunité serait proche du zéro.

Même chez ceux qui ont développé des formes plus sévères de la maladie, on ignore toujours la puissance de la réponse immunitaire et sa durée dans le temps.

Selon lui, le nouveau virus n’est pas très immunogène, il ne provoque pas une importante réponse de nos anticorps. Difficile dès lors, d’affirmer que quelqu’un de positif sérologique au test ne pourra plus en contaminer d’autres ni être lui-même réinfecté.


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Tests de dépistage ou photos instantanées de la contamination

Un des moyens utile de savoir si une personne est infectée, c’est le test de dépistage. Des tests qui devraient être sur le marché d’ici début mai pour accompagner le déconfinement.

Ici, il s’agit de faire un état des lieux - une sorte de photo à l’instant "T"- de l’état d’une personne. C’est un instrument intéressant en période de déconfinement, savoir si nous sommes infectés ou pas, mais en sachant que négatif, ce jour-là, nous pouvons devenir positif, le lendemain.

Pour Pierre Van damme, ce sera surtout une opportunité à saisir, pour une fois un cas repéré de prévenir l’entourage, voire l’isoler, histoire d’éteindre le début d’incendie.

Aucune des alternatives n’est une solution miracle à elle seule mais utilisées simultanément avec la distanciation sociale et les gestes barrières, elles pourraient permettre d’éviter cette deuxième vague de victimes tant redoutée.

Emmanuel André à propos de l’immunité des Belges (CP du 23/04/2020)

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