Coronavirus : avec l'engouement pour les masques et blouses de protection, les prix flambent, multipliés par 10, 20, 30

Coronavirus : les prix des masques et blouses de protection flambent
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Il ne faut pas tirer sur l’élastique… des masques. Et pourtant, il y a une terrible tension sur les prix. Etant donné l’augmentation de la demande mondiale de matériel de protection contre le COVID-19, ces prix s’envolent.

Pour avoir un ordre de grandeur, nous avons contacté Philippe Leroy, directeur du CHU Saint-Pierre. Un masque chirurgical qui valait 5 centimes l’unité avant la crise sanitaire, vaut aujourd’hui sur le marché fédéral entre 50 et 87 centimes le masque.

Les masques FFP2 à haute protection qui se vendaient aux alentours de 2,50 euros l’unité se négocient désormais entre 4,50 et 5 euros la pièce, parfois même plus.

Fournisseurs habituels défaillants

Jean-Christophe Gautier est responsable de la cellule d’achats d’Iris, la structure faîtière des hôpitaux publics bruxellois. Cela fait deux semaines qu’il se démène pour trouver des fournisseurs. Les habituels fabricants sont en rupture de stock. Il faut donc trouver des plans B, les plus fiables possible, et espérer que tout fonctionne bien.

Son constat est encore plus dramatique pour les hausses de prix : selon lui, les masques FFP2 peuvent même atteindre jusqu’à 3 à 7 euros l’unité aujourd’hui (hors TVA) ; le masque chirurgical est passé de 5 centimes à un prix variant entre 55 centimes, et… 1,25 euro, dans le pire des cas.

Pour diminuer les risques, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier : "Il faut diversifier les fournisseurs et faire arriver les marchandises tant à Brucargo qu’à Bierset", pour éviter les couacs et avoir une solution de rechange.

Flambée des blouses

Le prix des blouses a également atteint des sommets, allant de 25 à 30 centimes, avant la crise, à 2 euros environ. Dans les cas les plus extrêmes, on voit des prix grimper jusqu’à 6 ou 8 euros.

Valérie Victoor, conseillère générale de Santhea, la principale fédération des institutions de soins en Fédération Wallonie-Bruxelles, y voit le principal problème du moment : "Les hôpitaux n’ont plus que 2 jours de stock. Certains en viennent à augmenter leurs commandes de sacs-poubelles, pour faire comme dans les pays en voie de développement, se vêtir d’un sac au-dessus d’une blouse non conforme".

Santhea utilise aussi tous les systèmes D, pour trouver des solutions. La fédération fait appel aux dons de matériel de protection. Avec Agoria, la fédération des entreprises technologiques, elle a contacté des sociétés tous azimuts, identifié les urgences, et organisé la livraison de colis aux hôpitaux, aux institutions de santé mentale et aux maisons de repos et de soins de son réseau.

Tout y passe : blouses de protection de dentistes, de vétérinaires, de désamiantage, surchaussures, charlottes…

Les initiatives privées, à Liège aussi

La demande est saturée et les initiatives privées affluent donc, pour tenter de trouver l’or blanc du moment. A Liège, Olivier Eloy dirige une société active dans la construction.

Avec une cinquantaine d’entreprises de la région, il a constitué une cagnotte afin d’aider le CHC de Liège à s’approvisionner en masques chirurgicaux. En Chine, à Shanghaï, Pierre-Yves Sizaire, un consultant originaire de Vielsalm lui a déniché un stock de 47.000 masques chirurgicaux, arrivés entre-temps à Bierset. Jusqu’ici, il travaillait notamment dans le secteur du photovoltaïque. Il confirme ces augmentations de prix, encore plus impressionnantes pour les surblouses médicales.

Ces masques de cette filière solidaire liégeoise sont toujours à Bierset. Le souci : ils n’ont pas la certification "CE" et l’Agence belge du médicament, l’AFMPS, ne les a pas encore acceptés, avant qu’ils puissent être dédouanés. Une fois le filon trouvé, le matériel n’est donc pas encore au bout de son chemin de croix. Ah oui, on oubliait : le coût du fret aérien a aussi sensiblement augmenté…

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