Herman Goossens : "Sans variant britannique, on aurait pu introduire des assouplissements en mars"

Les propos assumés du coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet selon lesquels il ne respecte plus la bulle d’une personne depuis quelques semaines continuent à susciter des réactions. Le professeur en microbiologie de l’Université d’Anvers Herman Goossens a exprimé sa surprise ce matin sur l’antenne de la Première : "Je trouve qu’un président de parti politique devrait donner l’exemple. Comment voulez-vous que les gens restent motivés si un président de parti dit qu’il ne suit plus les règles ? … Je trouve dommage pour toutes ces personnes qui respectent les mesures et qui souffrent d’entendre de tels propos. C’est surprenant."

La réaction d’Herman Goossens succède à celle de nombreux responsables politiques… y compris celle de la présidente de Groen Meyrem Almaci : "C’est difficile pour tout le monde, mais les responsables politiques ont un rôle d’exemple. Les mesures corona sont vraiment nécessaires… En tant que responsables politiques, c’est nous qui déterminons les règles, et il importe de donner l’exemple".

Les indicateurs repartent à la hausse

La sortie de Jean-Marc Nollet fait d’autant plus de vagues que les indicateurs épidémiologiques liés au Covid-19 repartent à la hausse, que ce soient les contaminations, les hospitalisations, le taux de reproduction ou encore le taux de positivité.


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Pour Herman Goossens : "Ces indicateurs doivent être des clignoteurs qui attirent notre attention… Quand on regarde les modèles, on est en effet très inquiet en tant que scientifique par l’impact que le nouveau variant britannique pourrait avoir dans notre pays. Pas seulement dans notre pays d’ailleurs… Je coordonne un projet européen et on se réunit toutes les deux semaines avec des experts en modélisation en France, aux Pays-Bas, en Suisse, en Italie… Tous ces modèles montrent exactement la même chose. C’est assez exceptionnel. Il peut y avoir une 3e vague. Peut-être une petite. Mais tous les modèles sont unanimes."

La transparence envers la population est essentielle

Ces modèles ont été présentés lundi par le Premier ministre Alexander De Croo. Ils indiquent, graphiques à l’appui, quel est l’impact d’un déconfinement au 1er mars, au 1er avril et au 1er mai avec cette tendance, imparable : plus le déconfinement est éloigné dans le temps, moins le risque d’une 3e vague difficilement contrôlable est important. "Il est important de montrer à la population ce qui se passe si on introduit des assouplissements", précise le microbiologiste de l’Université d’Anvers Herman Goossens, "ça aurait dû être fait beaucoup plus tôt. Dans d’autres pays comme en France ou aux Pays-Bas, le même modèle a été présenté. Aux Pays-Bas, c’était il y a 4 semaines au parlement et la présentation a été suivie d’un débat politique. C’est très important."


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Il faut pour lui s’appuyer sur l’expertise scientifique à l’heure où le message politique est multiple et parfois contradictoire comme l’a montré récemment la sortie de Jean-Marc Nollet. Et ce d’autant que la population doit non seulement faire face au Covid-19 originel mais aussi à ses variants, dont le britannique, plus contagieux.

Le variant britannique bientôt dominant ?

"Il y a deux courbes désormais, celle du variant classique (et elle diminue avec les mesures) et celle du variant britannique", constate Herman Goossens. "Ces deux courbes vont probablement se croiser en mars et le variant britannique va devenir dominant. C’est ce qui est en train de se passer et ce qui nous fait très peur. Sans variant britannique, on aurait pu introduire des assouplissements en mars mais on est obligé de repousser l’échéance parce que le risque d’une 3e vague est énorme."

Patience ne veut pas dire désespoir

Patience et espoir alors que les beaux jours sont de retour. Un espoir qui émane notamment d’une meilleure connaissance du virus mais aussi de la panoplie de tests désormais disponibles.

Un projet sera d’ailleurs bientôt mené dans certains établissements scolaires. Professeurs et personnel des écoles pilotes concernées seront soumis chaque semaine à un test salivaire rapide de détection du Covid-19.

Une campagne de motivation prenant en compte la détresse psychologique des jeunes et des enseignants sera également lancée dans ces écoles. De quoi donner une perspective, aussi parcellaire soit-elle.

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