Frank Vandenbroucke au sujet des difficultés du secteur culturel : "Nous avons fait le choix de combattre un virus qui a tué 23.000 personnes"

Frank Vandenbroucke réagit aux déclaration du Collectif "Bezet La Monnaie Occupée".
Frank Vandenbroucke réagit aux déclaration du Collectif "Bezet La Monnaie Occupée". - © RTBF

Le Collectif d’étudiants et de jeunes travailleurs du secteur culturel, "Bezet La Monnaie occupée", interpellait ce mercredi sur le plateau de QR le débat le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, au sujet de la situation du secteur culturel. "Nous vous considérons comme personnellement responsable de notre avenir complètement bouché à l’heure actuelle", a affirmé la porte-parole Julie Peyrat. "On estime qu’il s’agit d’un choix politique, et donc idéologique, et que les arguments sanitaires sont complètement fallacieux. On a aujourd’hui le résultat d’une étude de l’université d’Oxford qui a fait un test sur 114 régions européennes et qui nous dit que l’impact sur la fermeture des salles de spectacles et de loisirs représente 3% sur l’impact du taux de reproduction du virus. Ce n’est absolument rien à côté des 35% que représente la fermeture des entreprises."

Elle ajoute : "Votre gouvernement a fait le choix de concurrencer les différents secteurs et de mettre sous cloche des pans entiers de la société. Comme par hasard des pans où le lien social est le plus fort et qui sont déjà des pans hyper précaires. Il aurait été possible de choisir de répartir de manière solidaire sur l’ensemble des différents secteurs l’ensemble de cette crise. Il aurait été possible même de demander à diminuer les activités des multinationales. Il aurait été judicieux de refinancer massivement la santé. Mais ce ne sont pas ces choix-là qui ont été faits."

"Nous sommes à 100 % responsables", a reconnu le ministre. "Nous avons fait le choix de combattre un virus qui a tué 23.000 personnes à l’heure actuelle. Les plus faibles, les plus vulnérables dans la population. Peut-être que madame devrait essayer de sortir un peu de son périmètre et de ce qu’elle trouve important – et ça l’est - et réfléchir à ces 23.000 morts."


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"Deuxièmement, je reçois chaque jour des dizaines de messages de secteurs qui disent qu’ils ne représentent qu’un très faible pourcentage de transmission du virus. Le problème, c’est qu’il faut réfléchir au fait qu’on n’est pas seuls dans le monde. Il y aura une multiplication infinie des risques si tout le monde tient ce raisonnement."

Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir Jean Van Hemelrijck, psychologue et psychothérapeute. "La culture sert à désorganiser la société pour que la société pense. Et c’est ce qu’a fait cette jeune fille. Elle a produit un événement qui fait qu’on va penser autrement. M. Vandenbroucke, vous dites ‘Il faudrait qu’elle me comprenne’, je pense que vous devriez la comprendre, c’est une dynamique circulaire. On a l’impression qu’on est dans une situation d’impuissance. Quand il y a désadhésion, trois choses s’opèrent : on se désintéresse, on se met en colère ou on s’effondre."

Leïla Belkhir quant à elle a tenu à sortir de ses fonctions d’infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc pour insister sur la nécessité de recréer de la cohésion sociale et de revenir aux fondamentaux des règles sanitaires.

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