Entre Flandre et Wallonie, la situation épidémiologique est très (trop ?) contrastée

A la veille d’un comité de concertation dont on attend la marche à suivre pour les fêtes de fin d’année et une réouverture des commerces non-essentiels, et après plusieurs semaines de mesures strictes, que pouvons-nous dire de la situation épidémiologique ? Pour reprendre le terme d’un expert gouvernemental, la situation n’est pas "uniforme" entre les provinces, un euphémisme pour qualifier les différences significatives entre nord et sud du pays.

Selon les derniers chiffres de Sciensano, le taux d’incidence (nombre de cas positifs COVID-19 par 100.000 habitants sur une moyenne de 14 jours) le plus élevé du pays se situe en province du Hainaut avec 678. Suivent, pas très loin, les 4 autres provinces. Dans ce classement peu enviable, Bruxelles se retrouve au milieu des provinces flamandes avec un taux d’incidence de 429.

Comme pour le nombre de cas, les taux de positivité sont plus élevés au sud et à Bruxelles : de 21,7% à Liège à 15,6% en Brabant wallon en passant par les 18,1% à Bruxelles, les francophones tirent vers le haut la moyenne belge. Aucune province du nord ne dépasse 10,3%.

Même constat pour ce qui concerne les hospitalisations : si ce n’est le Brabant wallon, toutes les provinces sudistes et Bruxelles sont en phase 2 pour ce qui concerne les lits en soins intensifs (ICU). 70% au Luxembourg, 66% en Hainaut, 60% à Liège, les taux d’occupation en ICU restent à des niveaux très élevés.

Conclusion

Le commissaire Corona du gouvernement fédéral, Pedro Facon, évoque un système de soins de santé "encore fort impacté par le nombre de patients présents." Surtout au sud du pays. Le pays est pratiquement coupé en deux, pour ce qui concerne la circulation du virus avec des taux d’incidence (et de positivité) bien plus élevés en Wallonie. Faut-il s’attendre, dès lors, à des mesures différenciées pour tenir compte des réalités épidémiologiques différentes entre nord et sud ? On sait le gouvernement De Croo plutôt favorable à des décisions qui couvrent l’intégralité du territoire.


►►► Lire aussi : Coronavirus en Belgique ce 26 novembre : un peu plus de 4500 lits occupés par des malades Covid


Plus globalement, la Belgique est à un carrefour : faut-il suivre la France d’Emmanuel Macron qui annonce une sortie de crise graduelle d’ici la fin janvier ? Ou faut-il suivre l’Allemagne d’Angela Merkel qui a renforcé son "confinement léger" (les magasins restent ouverts, il y a une bulle de 5, etc.) jusqu’au début janvier, sans s’engager plus loin, malgré de meilleurs chiffres que nos voisins français ? Réponse ce vendredi soir.

Journal télévisé 25/11/2020

Les hôpitaux, eux, ont tranché. Ils mettent en garde : il est trop tôt pour un assouplissement des mesures. 

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