Eén, twee, drie, vier... Testing et tracing, les oubliés du message de santé

Close-Up Of Hands Gesturing Against White Background
Close-Up Of Hands Gesturing Against White Background - © Sirinate Kaewma / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Il allait falloir apprendre à "vivre avec le virus". Voilà qu'on "subit" encore le virus. Limitation des contacts rapprochés à 3 personnes par individu et par mois, fermeture des bars à 23 h...

Les Belges vont devoir restreindre à nouveau leur vie sociale, pour un mois. Car limiter les contacts est la première manière, avec les gestes barrières, de réduire la propagation du virus. Incontestable. Car le scénario-catastrophe de la saturation hospitalière, personne ne veut plus le vivre. Car ne rien faire serait coupable. Incontestable.

Les oubliés

Mais il y a deux absents dans cette communication, deux piliers essentiels du triptyque "isoler - tester - tracer" : les deux dernières actions n'ont pas été évoquées. Pas un mot sur la nouvelle application de contact "Coronalert", pourtant déjà téléchargée par 760.000 utilisateurs en Belgique.

Elle présente pourtant l'avantage de permettre de casser la chaîne de transmission, en détectant rapidement les cas contacts.

Le testing accuse du retard : les contacts de cas suspects, sans résultats après 3, 4, jours, continuent à vivre une vie normale. Le tracing manuel, téléphonique, est à la traîne. D'après De Standaard, la Wallonie et Bruxelles ne suivent pas : en Wallonie, surtout, seules 30% des personnes à contacter l'ont déjà été. Le quotidien flamand cite des chiffres : à peine 378 des 2349 personnes contaminées ont été jointes, et seulement 1026 des 2734 contacts de ces personnes. 

Isoler - tester - tracer ?

Est-on en train de prendre le problème à l'envers ? Le testing et le tracing devaient nous permettre de mieux cibler les foyers de contamination, et d'agir dans ces lieux précis. L'application Coronalert était attendue avec impatience, pour compléter la panoplie.

Aujourd'hui, ces paramètres sont évacués de la communication, comme si la 3e action de la trilogie, isoler, devenait la première, isoler. Point. Trois contacts rapprochés par personne, en faisant confiance au sens des responsabilités de chacun. Si ça va mieux, on nous remerciera. Si ça s'aggrave, on nous dira qu'on nous avait prévenus, qu'il fallait respecter les mesures, pour éviter un confinement, mais que voilà, on n'a plus le choix.  

De la "bulle" à la "non-bulle"

En août lorsque existait la bulle des cinq, le tracing l'a constaté : comme par enchantement, la moyenne des contacts par personne était de 4,5. Petites ou grandes omissions. Juste sous la barre des cinq.

La limitation des contacts rapprochés à 3 personnes sera-t-elle davantage suivie dans les faits ? Ou est-ce une manière d'amorcer une diminution plus importante de nos contacts, jusqu'à l'unité, lorsqu'on arrivera en couleur "rouge", dans le futur très attendu baromètre ?

Pourquoi le testing et le tracing ne sont-ils plus mis en avant comme une manière de nous permettre de vivre avec le virus, certes très mobile, mais dont on ignore la proportion de contaminés asymptomatiques ?

Le nombre d'hospitalisations a encore augmenté, franchissant la barre de 100 admissions en un jour, un record depuis début mai. C'est vrai, c'est très inquiétant. Il ne s'agit pas de nier la nécessité d'agir, mais de mettre en avant deux autres pans essentiels d'une stratégie, qui, s'ils sont oubliés ou déficients, ne permettent pas d'avoir une action efficace. 

Coronavirus, contacts limités: sujet du JT du 06/10/2020

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