Du personnel médical positif mis au boulot: "Nous sommes tous en danger et ce sera un risque pour tout le monde"

Alda Dala Valle : "réquisitionner des lambdas, c'est mettre en danger toute la nation !"
Alda Dala Valle : "réquisitionner des lambdas, c'est mettre en danger toute la nation !" - © Tous droits réservés

Alda Dalla Valle, présidente de la FNIB (Fédération Nationale des Infirmières de Belgique), était l’Invité de Matin Première. En pleine crise sanitaire, cette fois, les équipements médicaux sont là. Mais désormais, c’est d’infirmières et d’infirmiers dont il va manquer et de places dans les structures hospitalières.

Le centre hospitalier EpiCURA s’approche doucement de la barre des 17% d’absentéisme. D’autres institutions hospitalières vivent des situations similaires. Les raisons sont variables et inquiétantes "Le personnel est malade, mis en quarantaine, prend ses congés payés et sont également victime d’épuisement ce qui accroît les risques d’incidents et d’accidents mais aussi de contracter lui-même le virus", déclare la présidente de la FNIB.

Lorsqu’un membre du personnel soignant dans les hôpitaux EpiCURA est mis en quarantaine ou est asymptomatique, il est absent pendant minimum 7 jours. "Mais dans la situation qui se profile, les personnes asymptomatiques devront peut-être donner un coup de main. Nous sommes tous en danger et ce sera un risque pour tout le monde".

Réquisitionner n’importe qui en faisant faire n’importe quoi, c’est mettre en danger toute la nation !

Alda Dalla Valle n’approuve pas l’idée de réquisitionner une personne lambda pour aider le secteur médical. "Vous savez, nous travaillons avec cœur, avec la formation qui est la nôtre et dire qu’on va réquisitionner n’importe qui en faisant faire n’importe quoi, c’est mettre en danger toute la nation".

Une piste viable pour Alda Dalla Valle serait de mobiliser les étudiants infirmiers ou en médecine qui se trouvent en dernière année. "Ces étudiants ont déjà une formation. Ils ont des compétences acquises. La sécurité dans les actes serait dès lors assurée. On donne de la sécurité à la fois aux patients mais aussi aux soignants".

Nous n’avons plus assez de lits pour les cas Covid-19 et nous allons devoir choisir

Un autre souci se pose. A l’inverse de la première vague où les structures hospitalières avaient fermé pour se concentrer sur la lutte contre le coronavirus, aujourd’hui, les hôpitaux doivent accueillir les personnes atteintes du Covid-19 mais également les autres qui ont besoin de soins. "Il y a un double flux qu’il faut gérer". Ces structures deviennent trop petites pour accueillir tout le monde. "Nous n’avons plus assez de lits pour les cas Covid-19 et nous allons devoir choisir. La possibilité d’ouvrir les hôtels c’est le scénario qu’avaient mis en place l’Espagne et l’Italie lors de la première vague. C’est une piste évoquée pour soigner tout le monde."

Le personnel ne veut pas d’une reconnaissance à travers des applaudissements, ils veulent que le public les aide à sauver des vies. "On demande à la population de nous respecter en se respectant. Si la population respecte les consignes minimales de sécurité, elle va déjà diminuer le nombre de contamination".

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