Doses non utilisées de vaccin contre le coronavirus en maisons de repos : la chasse antigaspi est ouverte

C’est une consigne qui émane de l’organisme bruxellois de protection sociale Iriscare. Dans une circulaire à destination des maisons de repos et de soins consacrée à la vaccination, l’organisme écrit : "Ne jetez pas des vaccins inutilisés ! Si jamais à la fin de la journée/des journées de vaccination il reste des seringues ou des flacons vous DEVEZ appeler le dispatching des Pompiers (au…) Ces vaccins serviront à vacciner une partie des pompiers volontaires". Et de fait, comme nous le mentionnions, onze pompiers bruxellois ont déjà reçu la première dose du vaccin. Une mesure antigaspi qui tombe à pic.

Pourtant, l’ordre de priorité établi dans le plan de vaccination, octroie le vaccin au personnel de santé, après les résidents et le personnel des maisons de repos. La vaccination commencera d’ailleurs pour le personnel de santé des hôpitaux à partir de lundi prochain. Mais les généralistes se demandent toujours quand leur tour viendra. Certains médecins ont eu l’opportunité d’obtenir le vaccin Pfizer-BioNtech excédentaire dans des maisons de repos, grâce à l’organisation spontanée sur le terrain. Plusieurs médecins ont ainsi été appelés dans une maison de repos bruxelloise, pour bénéficier de la vaccination non utilisée par les résidents.

La 6e dose, tout bonus

"C’est un peu par hasard que nous avons constaté qu’il était possible d’octroyer une 6e dose avec une fiole", nous raconte ce médecin coordinateur dans une maison de repos de Bruxelles, et référent COVID pour deux autres. Une découverte entretemps officialisée dans le protocole de l’Agence européenne des Médicaments.

Entre la maison de repos et de soins qui manque de doses pour son personnel, et celle où il fait la fine veine, il y a 50 nuances de surplus. "Dans une maison de repos pourtant confrontée à 10 à 15% de décès en mars, on est restés avec des doses qu’on allait devoir mettre à la poubelle", nous raconte Pierre-Joël Schellens, qui vaccine dans 3 résidences bruxelloises. "On s’est retrouvés à battre le rappel de médecins généralistes de la commune, en leur téléphonant, pour leur dire qu’on restait avec des doses qu’on allait devoir mettre à la poubelle".

La débrouille

Ce recours aux vaccinés volontaires de dernière minute n’est pas structuré. Mis à part la consigne d’Iriscare invitant à appeler les pompiers, sur le terrain, c’est le tam-tam qui fonctionne. "Pour l’instant, c’est un peu la débrouille", nous dit le Dr Schellens. Il faut prévenir avec les moyens du bord et vacciner vite, car les doses, une fois la fiole ouverte, ne sont pas éternelles. "Le 5 janvier, nous avons dû jeter 16 ou 18 doses sur 300 environ. Ça fait quand même 5% environ. C’est très dommage, on râlait ! On a rappelé nos assistants, en disant venez si vous voulez, mais vite…"

Structurer la distribution des doses restantes

Iriscare explique qu’il fallait trouver un partenaire pour ne pas jeter les doses restantes, d’où le choix pratique du SIAMU et des pompiers. Pour Sven Heyndrickx, porte-parole de l’institution, il ne s’agit pas d’un grand nombre de doses. "On demande pour chaque maison de repos combien de résidents veulent être vaccinés. On envoie le nombre de flacons. Jusqu’à la semaine passée, on ignorait qu’on pouvait faire 6 doses. Nous allons maintenant refaire le calcul en tenant compte de ces doses supplémentaires disponibles."

Pierre-Joël Schellens ne dirait pas non à une organisation plus structurée en liaison avec les médecins généralistes proches d’une maison de repos ou d’un hôpital, pour leur distribuer les doses supplémentaires, même s’il considère qu’il y a d’autres professions qu’il faut vacciner rapidement, et que les hommes du feu en font partie.

 

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