Des tests salivaires pour désengorger les centres de dépistage et les hôpitaux ? Vers une décision positive fin de semaine

Test salivaire développé par l'ULG
Test salivaire développé par l'ULG - © BRUNO FAHY - BELGA

Un peu partout en Belgique les centres de prélèvements COVID 19 sont pris d’assaut. Pour réduire la pression, le CHU de Liège propose désormais des tests salivaires pour les personnes asymptomatiques et réserve les prélèvements avec écouvillon dans le nez uniquement aux patients symptomatiques.

Pour Fabrice Bureau, vice-recteur à la recherche de l’Université de Liège, il y a "le feu au lac " et il faut rapidement étendre le recours aux tests salivaires.

Moins sensible mais plus simple

Depuis la fin du mois de septembre, l’Université de Liège met des tests salivaires à disposition de ses étudiants. Cette technique permet essentiellement de soulager les centres de prélèvement puisqu’elle ne nécessite pas de prélèvement nasopharyngé (à l’aide à un écouvillon nasal) réalisé par du personnel médical. Il suffit de cracher de la salive dans un petit pot qui est ensuite envoyé en laboratoire. L’échantillon de salive sera analysé grâce à une PCR (Polymerase Chain Reaction ou réaction de polymérisation en chaîne).

"Le test salivaire permet de désengorger les hôpitaux et surtout les centres de prélèvement, explique Fabrice Bureau. Il faut que le monde politique comprenne l’intérêt de ces tests salivaires. Ils ont malheureusement mauvaise réputation car ils sont moins sensibles que les tests nasopharyngés. La sensibilité du test nasopharyngé est de 80% et de 60% pour le test salivaire. Mais on prône le fait qu’il vaut mieux une technique moins sensible mais pratique et utilisable sur de nombreuses personnes plutôt qu’un test (nasal) plus sensible mais qui est impraticable dans certains contextes, comme celui qu’on connaît aujourd’hui. "

Le test salivaire est moins sensible mais lorsqu’il est positif, on est certain que la personne est bien positive. "Aujourd’hui 10% des personnes qui réalisent un test nasopharyngé sont positives. Cela qui signifie que 90% des personnes allant vers les centres hospitaliers sont négatives. L’auto-prélèvement salivaire, qui ne nécessite pas l’intervention du personnel médical, permettrait de faire un pré-tri. Les personnes positives à ce test seraient envoyées dans les centres hospitaliers. Et donc que l’on enverrait 100% de positifs vers ces centres. "

Désengorger les centres de prélèvement et augmenter la capacité des PCR

Si l’utilisation des tests salivaires s’étend, elle permettra essentiellement de soulager les centres de prélèvement mais pas les laboratoires puisque le prélèvement salivaire doit lui aussi faire l’objet d’une PCR en laboratoire.

Pour Fabrice Bureau, il faut donc augmenter les capacités de PCR qui se situe pour l’instant autour de 35.000 tests par jour. " L’université de Liège fait environ 4000 tests par jour, les firmes pharmaceutiques environ 2000 par jour et les laboratoires de biologie clinique agrées réalisent 29.000 tests par jour. "

Fabrice Bureau est en charge de la mise en place de nouvelle plateforme fédérale de testing qui sera opérationnelle début novembre. Dans ce cadre, huit universités seront capables d’effectuer des tests PCR en laboratoire. Cela veut dire qu’il y aura une capacité de 50.000 tests supplémentaires par jour.

Appel au politique et position du Risk Assesment Group

Les autorités politiques doivent se positionner sur le sujet. Le Risk Assessement Group (RAG) remettra son avis au Risk Managment Group (RMG) ce soir. Pour rappel, RMG se base sur l’avis du RAG pour décider des mesures qui doivent être prises pour protéger la santé publique.

D’après nos informations, les experts du RAG sont favorables aux tests salivaires dans certaines conditions. "Il faut notamment que cela n’engorge pas davantage les laboratoires. Il faut donc que la nouvelle plateforme fédérale de testing soit prête pour absorber les tests supplémentaires. Ces tests doivent également s’effectuer dans des conditions précises (le matin à jeun par exemple) et des groupes cibles devront être déterminés."

Concrètement, une décision officielle est attendue d’ici la fin de la semaine.

 

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