Des médicaments contre la polyarthrite pour combattre le Coronavirus : la Belgique aussi étudie cette option

Des médicaments contre la polyarthrites probablement efficaces pour combattre les formes sévères de Coronavirus.
Des médicaments contre la polyarthrites probablement efficaces pour combattre les formes sévères de Coronavirus. - © DOUGLAS MAGNO - AFP

Une nouvelle piste envisagée pour aider les malades les plus graves du Coronavirus : l’utilisation de médicaments d’habitude utilisés en cas de polyarthrite.

Plusieurs pays se penchent sur le sujet : la France et la Chine, notamment. En Belgique aussi une étude est en cours. Elle est pilotée par l’hôpital universitaire de Gand. En tout, neuf hôpitaux du pays y participent.

Quand le système immunitaire s’emballe

Ce traitement pourrait être efficace chez les patients qui présentent une forme grave du coronavirus, ceux qui développent une réaction immunitaire trop forte et dangereuse pour eux-mêmes. "Dans la majorité des cas, l’infection à Covid 19 se passe plutôt bien", expose Olivier Malaise, rhumatologue au CHU de Liège, qui participe à cette étude. "Mais chez un petit nombre de patients, entre le 7e et le 14e jour, le système immunitaire peut s’emballer, devenir excessif. Alors le patient va produire lui-même les propres cellules qui vont aller attaquer différents organes comme les poumons, le cœur ou les reins."

L’idée c’est donc d’administrer à ces patients des traitements immunosuppresseurs, c’est-à-dire qui vont diminuer l’immunité générée par le patient.


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Deux médicaments retiennent plus particulièrement l’attention des médecins et chercheurs : le tocilizumab et l’anakinra. "Ces traitements vont calmer l’immunité produite par les patients. Ils sont utilisés de façon régulière en rhumatologie pour traiter des syndromes anti-inflammatoires ou des polyarthrites rhumatoïdes."

 

Des résultats préliminaires encourageants

Des études similaires sont en cours en France et en Chine. "Les résultats préliminaires sont plutôt encourageants, autant pour les formes modérées que sévères", analyse Nathalie Layios intensiviste au CHU de Liège. Mais l’utilisation à grande échelle de cette technique n’est manifestement pas pour demain. "Ce sera probablement une solution à moyen terme ", estime la médecin. "Il faut le temps que l’étude gantoise soit menée à son terme avec une inclusion prévue de 360 malades."

Si la méthode fait ses preuves, elle pourrait être employée lors d’une éventuelle "deuxième vague" de la maladie, dans les semaines qui arrivent. Dans tous les cas, ces médicaments ne pourront être administrés qu’en milieu hospitalier.

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