Des mariages "covid" pour permettre aux grands-parents de rencontrer leurs petits-enfants

Katie et Ludovic n’avaient pas prévu de se marier. Mais c’était la seule possibilité pour faire venir la maman de Katie des Etats-Unis. Alors, ils se sont dit oui la semaine dernière. La célébration d’un mariage est en effet considérée comme une raison valable pour faire venir un étranger en Belgique.

Katie et Ludovic sont devenus parents en avril dernier. A 9 mois, leur fille n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer sa grand-mère américaine, Rickie. Elle habite à Seattle mais impossible pour elle de rejoindre sa fille en Belgique.

À chaque fois, les autorités belges nous ont répondu non

"On a annulé le voyage de ma mère prévu au moment de l’accouchement, explique Katie avec son accent américain. Cet été, quand on a commencé à déconfiner un petit peu, on a demandé que ma mère puisse venir en Belgique pour nous aider. Mais à chaque fois, les autorités belges nous ont répondu non."

En cause, cette règle mise en place dans le cadre de la crise du coronavirus : au départ d’un pays tiers, les voyages non-essentiels vers la Belgique restent interdits, sauf, pour les passagers voyageant pour des raisons familiales impératives. Parmi ces raisons, on retrouve :

- un regroupement familial (mais il ne s’agit que d’une certaine catégorie des membres de la famille et les grands-parents n’y figurent visiblement pas)
- une visite à un conjoint, à un partenaire
- pour la coparentalité
- pour la célébration de funérailles ou d’un mariage

Bref, la naissance d’un petit-fils ou d’une petite-fille n’y figure pas.

Une solution : célébrer un mariage

"C’est mon pays depuis 15 ans, raconte la maman en pleurs. Être ici sans ma mère au moment où je deviens mère moi-même, c’était extrêmement difficile."

Alors ils ont finalement choisi une des solutions parmi les possibilités de voyage inscrites dans la réglementation belge: célébrer un mariage. C’est ainsi qu’ils se sont dit oui la semaine dernière.

"Ce n’était pas du tout prévu dans cette année de merde", s’exclame Katie. "Je ne suis pas partisan de cette institution, ajoute Ludovic. Mais bien que mon épouse est quelqu’un de moralement très fort et plein d’énergie, elle était en détresse. Et donc, l’épouser était la chose à faire pour elle."

La grand-mère, Rickie, est à présent autorisée à rester 90 jours sur le sol belge. Trois mois pour profiter de sa petite-fille. Ensuite, elle devra retourner aux Etats-Unis. Si elle n’est toujours pas autorisée à revenir l’année prochaine, Ludovic et Katie ont maintenant compris la méthode : "divorcer, se remarier, divorcer, se remarier etc.", disent-ils en souriant jaune.

Malheureusement, toutes les familles n’ont pas droit à cette fin heureuse et attendent encore de retrouver leurs proches du bout du monde.

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