Derrière les chiffres : remontée des cas et admissions malgré la vaccination, que se passe-t-il au Royaume Uni ?

Chaque semaine, Derrière les chiffres décrypte les données de la pandémie, en collaboration avec l’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB). Ce vendredi, nous nous penchons sur la situation du Royaume Uni. Le pays se prépare à mettre fin aux restrictions liées au coronavirus le 21 juin. Mais voilà qu’il hésite à aller au bout de l’allègement.

Une remontée

Il y a effectivement une remontée significative des cas qui s’accompagne d’une remontée des hospitalisations. En effet, les contaminations réaugmentent, avec 7393 nouvelles infections le 10 juin. C’est 10% du pic signalé le 5 janvier. C'est une augmentation sur 7 jours de 66%. Les hospitalisations sont également en hausse (7% par rapport à la semaine précédente).

Un vaccin de la première heure

Pourtant, 61% de la population adulte a reçu une première dose et 42% ont reçu 2 doses de vaccin. Le Royaume-Uni a été le premier pays à lancer un programme de vaccination contre le Covid-19 le 8 décembre 2020, suite à l’utilisation d’urgence du vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech. D’autres vaccins ont été ensuite approuvés, comme celui à vecteur viral d’Oxford-AstraZeneca, et celui à ARN également, de Moderna.

Le variant "delta"

Au Royaume Uni, le variant désormais appelé "delta" (anciennement "indien" et scientifiquement B.1.617.2) est devenu dominant, alors qu’entre janvier et mai 2021, le variant "alpha" (dit "britannique", jusqu’ici et B.1.1.7) était prédominant. Le variant delta représente à présent 91% des nouveaux cas au Royaume-Uni.

Or, ce variant "delta" est plus transmissible encore que le variant "alpha". Il est caractérisé par des mutations sur la protéine "spike" dont plusieurs peuvent avoir un impact sur les réponses immunitaires. Il est aussi considéré comme ayant étant capable de se répliquer davantage, et à entraîner des charges virales et une transmission plus importante.

►►► A lire aussi : Ne dites plus "britannique" mais alpha : l’OMS rebaptise les variants du SARS-CoV-2, jugés trop stigmatisants

… et les vaccins

Quelle est donc l’efficacité des vaccins contre ce variant ? L’agence de santé publique anglaise vient de publier un rapport qui indique que les deux vaccins (Pfizer et AstraZeneca) conservent une bonne efficacité en termes de prévention de la maladie par rapport au variant alpha, le vaccin Pfizer ayant une plus grande efficacité. Les résultats sont présentés dans cet article qui compare l’efficacité des deux vaccins contre les variants alpha et delta.

Après une seule dose, l’efficacité des vaccins est significativement plus faible pour le variant delta, par rapport au variant alpha (33,5% seulement, contre 51,1%) et les résultats sont similaires pour Pfizer-BioNtech et AstraZeneca.

Après deux doses de vaccin Pfizer-BioNtech, l’efficacité a légèrement diminué, mais dans une moindre mesure, contre le variant delta, par rapport au variant alpha : 87,9% contre 93,4%. Pour l’AstraZeneca, deux doses ont été efficaces à 66,1% contre le variant alpha, mais à 59,8% contre le variant delta.

Alors qu’avec deux doses, la baisse d’efficacité est limitée contre le variant delta, une seule dose est peu efficace. La course contre la montre est donc bien engagée pour atteindre la protection maximale au plus vite. 

Qu’est-ce que cela implique pour les mois à venir en Belgique ?

Si le variant delta a une plus grande transmissibilité que le variant alpha, et comme il est déjà présent chez nous, il est vraisemblable qu’il s’y propage également et remplace petit à petit le variant alpha.

En fonction de la vitesse de cette augmentation, et de la vitesse à laquelle la vaccination protège les personnes à risque avec deux doses continue de s’effectuer, ceci pourrait amener à un rebond des hospitalisations en juillet, rebond qui selon les projections que l’on peut faire avec les données en notre possession devrait être inférieur à celui qu’on a connu en avril.

Extrait de notre 19h30:

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