Derrière les chiffres : 80% des plus de 60 ans vaccinés en Israël, quel impact sur l’épidémie dans le pays ?

Chaque semaine, Derrière les chiffres décrypte les données de la pandémie de Covid-19, en collaboration avec l’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB). Ce vendredi, nous avons choisi d’analyser l’impact de la campagne de vaccination rapide et massive en Israël sur l’évolution de l’épidémie dans ce pays.

A la date du 6 février 2021, 80% de la population israélienne de plus de 60 ans avait reçu les deux doses du vaccin de Pfizer-BioNtech. Cette vaccination a-t-elle déjà un effet sur le nombre d’hospitalisations ou de contaminations ? Une étude publiée encore seulement en preprint s’est penchée sur la question.

En Israël, au début de la phase de vaccination, la priorité a été donnée aux patients considérés comme à haut risque : les individus de plus de 60 ans, les résidents des maisons de repos, le personnel de santé et les patients souffrant de comorbidités sévères.

En parallèle, au cours de ces premières semaines de la campagne, le nombre de patients hospitalisés a rapidement augmenté, le variant détecté en Grande-Bretagne B117 s’est propagé, et le gouvernement israélien a décidé de mettre en place un nouveau lockdown, le 3e, le 8 janvier 2021. 

Nette amélioration pour les plus de 60 ans

A la mi-janvier, le nombre de cas et d’hospitalisations de Covid-19 a commencé à diminuer. 21 jours après la vaccination à deux doses d'une grande majorité de 60 ans et plus, le nombre de cas dans cette tranche d’âge a baissé de 49%. Les hospitalisations des plus de 60 ans (cas légers, modérés ou sévères) ont, elles, diminué de 36%.

Le bénéfice de la vaccination a été plus important chez les personnes plus âgées, prioritaires, ainsi que dans les villes à plus haut taux de vaccination. 

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Du temps

Un autre enseignement de cette étude est que, bien qu’une première dose octroie déjà une certaine protection, l’amélioration en termes de cas et d’hospitalisations ne se fait vraiment sentir que 21 jours après une couverture importante et complète de certains groupes de population.

Les auteurs avancent que l’effet de la vaccination pourrait prendre plus de temps, dans la vie réelle, que ce qui a été observé lors des essais cliniques, et ce, pour plusieurs raisons : la logistique de la chaîne du froid (le vaccin de Pfizer-BioNtech doit être stocké à -75 degrés), le stockage, le transport… Tous ces aspects ont pu compliquer le déploiement de la campagne, et ralentir son efficacité.

La réponse immunitaire des individus plus âgée a pu être également diminuée ou ralentie à cause de ce qu’on appelle "l’immunosenescence", une détérioration de la réponse immunitaire innée et adaptative. 

Troisième facteur d’explication possible à ce laps de temps important pour tirer bénéfice de la vaccination : l’émergence de nouveaux variants plus contagieux, comme celui découvert en Grande-Bretagne, le B117 ou le variant découvert en Afrique du Sud, le 501.V2. Enfin, il est possible, notent les auteurs, que des individus vaccinés altèrent leur comportement et diminuent leur adhésion aux gestes barrières.

Immunité "naturelle" basse

A la différence de la Belgique, la population israélienne a une immunité "naturelle" assez basse, comme le montre la zone grisée sur ce graphique.

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En Belgique, la proportion de personnes qui ont des anticorps suite à une contamination par le coronavirus est estimée, selon les chiffres les plus récents, à 20%. C'est environ quatre fois plus qu'en Israël, d'après ce graphique, mais il y a des différences importantes selon les régions et les communes. 

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