Derrière les chiffres : 543 patients Covid-19 en soins intensifs. Pourquoi c’est un problème ?

Chaque semaine, Derrière les chiffres décrypte les chiffres de la pandémie, en collaboration avec l’épidémiologiste Marius Gilbert.

Ce vendredi, nous mettons en lumière un élément d’analyse majeur du moment : la hausse rapide et importante du nombre de patients dans les unités de soins intensifs.

Ce jeudi 18 mars, il y avait 543 patients hospitalisés en soins intensifs. A titre de comparaison, le 11 février, il y a un peu plus d’un mois, on était encore sous la barre des 300.

Ce 17 mars, 282 patients parmi ces 543 en soins intensifs exigeaient une ventilation mécanique et étaient sous respirateur.

Une croissance supérieure

Le nombre d’admissions en soins COVID en unités de soins intensifs augmente plus vite que les hospitalisations. C’est un problème parce que les unités de soins intensifs peuvent devenir un goulot d’étranglement très important par rapport à notre structure de soins. Cela pourrait indiquer que le variant découvert en Grande-Bretagne (B.117) est non seulement plus contagieux, mais aussi plus virulent. Bref, ce serait la double peine.

Pourquoi cette augmentation des lits en soins intensifs ?

Deux explications sont possibles pour expliquer cette observation :

- La première est évoquée ci-dessus : une plus grande virulence du variant découvert au Royaume Uni, qui se traduirait par un plus grand risque d’admission en soins intensifs pour les personnes hospitalisées avec ce variant ;

- Grâce à la vaccination, il y a aussi beaucoup moins de personnes âgées qui entrent en soins intensifs : donc, pour un même flux entrant, la durée de séjour s’en trouverait rallongée, avec des lits qui se libèrent moins vite, les patients étant plus résistants et en meilleure forme. Ceci implique une capacité de lits plus importante.

La vaccination peut-elle compenser la virulence de ce variant ?

En ce moment, le variant B.117 représente 75% des nouvelles contaminations en Belgique. Il poursuit sa dispersion et est amené, d’après la plateforme de séquençage du génome, à remplacer progressivement la souche classique du virus.

Une plus grande transmissibilité et une virulence plus importante restent compensables par la vaccination, à condition qu’elle s’accélère et que les approvisionnements suivent. Mais cette vaccination n’est pas l’unique stratégie : il faut absolument isoler les foyers, les "clusters", dès leur découverte, et séquencer, analyser toutes les souches qui y sont découvertes lors de tests positifs.

Il va de soi que les gestes barrière ont plus que jamais leur raison d’être.

 

 

 

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