Déconfinement: pourquoi faut-il respecter la liste de quatre visiteurs ?

Déconfinement social
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Déconfinement social - © Justin Paget - Getty Images

Dès ce dimanche 10 mai, les familles pourront, en partie, se retrouver. Dans des conditions strictes, quatre invités pourront rendre à nouveau visite à un foyer familial. Si les Belges ne respectent pas cette consigne, le risque de propager le virus et de surcharger les hôpitaux est grand. La police effectuera tout de même des contrôles.

Les consignes du Conseil National de Sécurité ont été très claires :

A partir du dimanche 10 mai, chaque foyer pourra accueillir à son domicile jusqu’à maximum 4 personnes, toujours les mêmes.

  • Ces personnes ne peuvent entrer que dans un seul foyer.
  • Les distances de sécurité doivent être respectées avec vos invités.

Nous demandons qu’une attention particulière soit apportée aux personnes plus âgées ou fragiles.

Le respect de ces règles est essentiel si l’on veut éviter une recrudescence incontrôlée de l’épidémie.

Quels risques si nous allons dans plusieurs foyers??

Pour la responsable de l’unité d’infectiologie des cliniques universitaires Saint-Luc, Leila Belkhir, il s’agit simplement de mathématiques : "Si deux familles se voient et que dans l’une des familles, une personne est malade, elle contaminera une seule autre cellule familiale. Par contre si les familles multiplient les rencontres dans d’autres cercles familiaux, ce risque se multiplie."

Exemple :

  1. Une famille de 4 personnes accueille 4 invités, le cercle contient donc 8 individus.
    Si un membre de cette famille est malade, cette cellule de 8 personnes risque de contracter le coronavirus.
    Risque : 8 malades.
  2. Si l’un de ses membres rend visite à un second foyer, différent du premier, il risque de contaminer à son tour plusieurs autres individus. Exemple, il rend visite à une famille de 4 personnes accompagnées de 3 autres individus.
    Risque : 15 malades (8 malades du premier cercle + 7 nouveaux malades du second cercle)

Le chiffre de quatre individus a été choisi en concertation avec les experts.

Les retrouvailles en famille impliquent souvent des rencontres intergénérationnelles

Attention aux groupes à risque dont les grands-parents

Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres face au coronavirus : les personnes âgées, les individus atteints de maladies cardio-vasculaires, de maladies chroniques respiratoires, de diabète, d’insuffisance rénale, de maladies du foie ou en surpoids.

Les enfants sont-ils moins à risque ?

Oui. Dimitri Van Der Linden, pédiatre infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc : "Les statistiques prouvent que les enfants sont moins sévèrement infectés par le coronavirus. 1% des hospitalisations concernent des enfants. Une dizaine d’enfants sur terre est décédée du coronavirus. Le virus est présent dans les voies respiratoires des enfants mais des études montrent que la transmission se fait davantage de l’adulte vers l’enfant et peu dans le sens contraire."

Quels scénarios pour le futur ?

Trois évolutions sont possibles selon Nicolas Franco de l’institut des systèmes complexes de l’Université de Namur :

  • Si les mesures lors des différentes phases de déconfinement sont suffisantes et bien respectées et que le taux de reproduction (transmission d’une personne à l’autre) reste inférieur à 1.2 au mois de juin, aucun nouveau pic important d’hospitalisations ne devrait survenir, avec un nombre d’hospitalisés restant inférieur à 1500.
     
  • Si les mesures sont moins efficaces et/ou moins respectées et que le taux de reproduction augmente jusqu’à 1.4 au maximum, alors les hospitalisations recommenceront à augmenter progressivement vers la fin du mois de juin pour atteindre un pic de taille acceptable au mois de septembre ou d’octobre.
     
  • Si les mesures sont clairement insuffisantes et/ou trop peu respectées, le taux de reproduction dépasserait la valeur 1.4 et on observerait une augmentation rapide des hospitalisations dans le courant du mois de juin avec un risque important de saturation des hôpitaux si aucun reconfinement n’est envisagé. Selon le spécialiste en maladies infectieuses Jean-Luc Gala :"Ce serait mettre le système médical en danger. Cela ne permettrait plus de soigner des gens qui en ont besoin, autre que des patients Covid-19."

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Contrôles policiers

La situation se complique pour la police. Difficile de constater des infractions dans un cercle privé. Mais les services de police restent mobilisés. Les contrôles seront concentrés sur la route ou sur les infractions visibles à l’œil nu.

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