Création d'une commission spéciale coronavirus à la Chambre

Un accord politique est intervenu ce jeudi à la Chambre pour la mise en place d’une commission spéciale qui sera chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire des derniers mois. Ça a été annoncé en ouverture de séance plénière par le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej.

Si les faits le justifient, cette commission pourra éventuellement se muer en véritable commission d’enquête, disposant alors des mêmes compétences qu’un juge d’instruction.

A l’issue de leurs travaux, les députés qui siègent dans une telle commission rédigent un rapport qui est soumis à l’assemblée plénière, pour en valider les conclusions et les recommandations.

Des pouvoirs suffisants ?

"Nous avions clairement une préférence pour une véritable commission d’enquête", regrette Georges Gilkinet (Ecolo). Et les Verts ne sont pas les seuls déçus. "Avec une crise économique et sociale majeure, et près de 10.000 décès, la formule retenue est trop light et ne garantit pas toute la transparence", déplore ainsi Catherine Fonck (cdH), alors que Raoul Hedebouw (PTB) estime que "sans pouvoir d’instruction, les parlementaires ne sont pas certains d’obtenir toute la vérité".

D’autres sont plus confiants. "En fonction des travaux et des réponses que nous obtiendrons, nous verrons s’il y a la nécessité de creuser plus profondément certains points", explique Ahmed Laaouej (PS), rejoint par Benoit Piedboeuf (MR) qui confirme que cette commission spéciale "évoluera vers une commission d’enquête s’il s’avère que les députés ne parviennent pas à obtenir toutes les informations souhaitées".

De nombreux précédents

Des commissions spéciales ont souvent été instituées, notamment pour se pencher sur les abus sexuels au sein de l’Eglise en 2010, sur la crise financière en 2012, ou statuer sur la dotation du Prince Laurent en 2018.

Et une vingtaine de commissions d’enquête ont aussi été mises sur pied au cours des 50 dernières années. Parmi les thématiques abordées, citons le drame du Heysel en 1985, les Tueurs du Brabant en 1988 et en 1996, les disparitions d’enfants en 1996, la faillite de la Sabena en 2002, ou plus récemment les attentats terroristes en 2016 et le Kazakhgate il y a 2 ans.

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