Coronavirus: Xi Jinping sous le feu des critiques après avoir annoncé qu’il était au courant de l’épidémie bien avant qu'elle ne soit rendue publique

Xi Jinping était au courant de l’épidémie de coronavirus près de deux semaines avant d’en parler publiquement pour la première fois. Ces déclarations indiquant qu’il était au conscient du risque bien avant de communiquer sur la question suscitent des questions sur sa gestion de la crise. N’en a-t-il pas fait trop peu, trop tard ?

Dans un discours interne publié samedi, M. Xi a déclaré qu’il avait "émis des exigences concernant les efforts de prévention et de contrôle" du coronavirus le 7 janvier, lors d’une réunion du haut conseil du Parti communiste, dont les sessions sont généralement secrètes.

La journaliste Amy Qin du New York Time et correspondante en chine pour le journal américain explique que le gouvernement chinois voulait en fait montrer qu’il suivait de très près l’épidémie de coronavirus depuis le début, mais ce faisant, il a également annoncé qu’il était au courant de l’épidémie de coronavirus deux semaines avant de communiquer à ce sujet. Alors que les autorités de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, ont continué à minimiser l’impact du virus.

Dans son discours, le président chinois a également déclaré qu’il avait autorisé la mise sous quarantaine sans précédent de Wuhan et d’autres villes à partir du 23 janvier. Un délai de deux semaines qui fait aujourd'hui naître les critiques.

Xi Jinping accusé de mauvaise gestion

Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait qu’il n’aurait pas traité la menace initiale de manière suffisamment urgente. Par ailleurs, ces déclarations compliquent la tâche du gouvernement de rejeter la responsabilité de la gestion de la crise sur les responsables locaux. 

Ces remarques soulèvent également des questions sur ce que les hauts dirigeants savaient à l’époque et sur les instructions qu’ils ont données sur la base de ces connaissances.

Le fait que M. Xi ait convoqué une réunion de la plus haute instance politique chinoise début janvier indique que le coronavirus était déjà considéré comme un sujet de préoccupation de haut niveau, ce qui rend son silence ultérieur encore plus délicat à justifier, selon les experts.

Un compte rendu officiel de la réunion du 7 janvier, publié à l’époque par l’agence de presse d’État Xinhua, ne mentionnait d’ailleurs pas de discussion sur le coronavirus.

Accusations de minimisation par les autorités

Dans les jours qui ont suivi la publication des ordres de M. Xi le 7 janvier, les bulletins quotidiens de la commission de la santé de Wuhan sur l’épidémie ont répété qu’il n’y avait pas de nouveaux cas d’infection, pas de preuve solide de transmission interhumaine et pas d’infection du personnel médical.

Mais des signes se faisaient de plus en plus présents indiquant que les politiciens et les experts gouvernementaux sous-estimaient la puissance du nouveau coronavirus. Notamment dès le 9 janvier, quand un homme de 61 ans surnommé Zeng, est mort. C’était le premier décès confirmé dû au virus. À ce moment déjà, certains médecins des hôpitaux de Wuhan étaient déjà suffisamment inquiets pour avertir leurs amis et proposer des services spéciaux pour les patients présentant des symptômes d’infection.


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Pourtant, début janvier, quand les fonctionnaires de Wuhan ont ouvertement assuré que la transmission interhumaine du virus était peu probable, certains experts du gouvernement ont indiqué qu’ils étaient sur la même longueur d’onde.

Le coronavirus au bas de l'agenda

Autre élément qui fait polémique, la gestion de crise après les premières déclarations. Même après les premières interventions publiques du président sur l’épidémie le 20 janvier, il a surtout "maintenu le coronavirus au bas de son agenda public", explique la correspondante du New York Times.

La veille du début des vacances du Nouvel An, fin janvier, il a pris la parole sur la scène du Grand Hall du Peuple à Pékin et a déclaré qu’il avait réussi à guider la Chine à travers une année difficile, sans mentionner à un seul moment le virus qui répandait déjà la peur dans tout le pays.

Pendant qu’il faisait son discours, Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants, se mettait en mode quarantaine, dans une tentative désespérée d’empêcher le virus de se propager.

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