Coronavirus : un tiers d’hésitants sur le vaccin en Belgique, comment communiquer ?

Combien sont-ils, en Belgique, à vouloir se faire vacciner contre le COVID-19 ? Combien sont-ils, surtout, à hésiter ou ne pas vouloir du vaccin ? On le sait, la taskforce belge sur le vaccin espère convaincre 70% de la population de se vacciner de façon volontaire, afin d’enrayer l’épidémie. Ce taux s’explique par le taux de reproduction du coronavirus.

Un tiers d’hésitants

Gagner la confiance est un défi, pour les responsables de la communication sur le vaccin, dont l’ancien recteur de l’Université libre de Bruxelles et médecin, Yvon Englert est la figure de proue. En effet, d’après la dernière enquête de santé publique de Sciensano datée du 16 octobre 2020, la moitié de la population belge n’est pas sûre de se faire vacciner ou affirme ne pas vouloir se faire vacciner. Lorsque le vaccin sera disponible :

  • 50% de la population a l’intention de se faire vacciner
  • 33% ne sont pas certains de se faire vacciner
  • 17% n’ont pas l’intention de se faire vacciner

Différences communautaires

Cette confiance est diversement répartie. On manque de données objectives sur le sujet. Mais d’après le Dr Pierre Smeesters, qui consacre 2 heures de son cours aux étudiants en médecine, au sujet de l’hésitation vaccinale, le phénomène est plus important en Wallonie qu’en Flandre. "La Flandre a investi dans des programmes de formation continue auprès des médecins, des infirmiers, des soignants", explique le professeur de l’ULB, pédiatre et infectiologue. "En Wallonie, on a commencé plus tardivement. Ça fait deux ans qu’on le fait au niveau inter-universitaire. On a probablement un tempérament plus latin et une somme de questions logiques, mais il faut s’organiser pour pouvoir y répondre de façon calme et factuelle."

Effets secondaires bénins

La proportion d’hésitants ou d’indécis est donc décisive. Comment s’adresser à eux ? D’abord, en toute transparence. La principale raison de l’hésitation ou du refus est la crainte des effets secondaires. Il est essentiel de communiquer clairement sur les effets bénins observés lors des études cliniques des divers candidats vaccins.

Pour Pierre Smeesters, la première bonne pratique est d’écouter : "Organiser au niveau des institutions qui vaccinent des séances pour entendre ces questions et y répondre de manière la plus factuelle et posée possible."


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Effets positifs garantis

Démonter les mythes ne suffit pas. Il serait plus efficace de mettre en évidence les dangers de ne pas se vacciner. C’est ce que recommandaient en 2015 plusieurs chercheurs américains en psychologie, dans un article intitulé "Contrer les attitudes antivaccination". Pour les auteurs, l’utilité attendue de la vaccination peut être augmentée "soit par des estimations décroissantes de la probabilité d’effets secondaires négatifs, soit par des estimations croissantes des effets positifs des vaccins."

Eviter le paternalisme expéditif

Que faut-il éviter ? Les discours culpabilisants et dogmatiques rapides ne fonctionnent pas bien. Une étude parue dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) a montré qu’un médecin en moyenne écoute les questions liées à la vaccination pendant… 23 secondes ! Difficile de déposer ses doutes, ses questions, en si peu de temps. L’une des recettes du succès passe donc par l’écoute des médecins, et en particulier des généralistes.

La connaissance de la vaccinologie parmi les médecins n’est "pas toujours assez bonne", selon le Dr Smeesters. "On est rentrés dans une époque où la vaccination est devenue très technique et les médecins aussi ont des questions." Or, les patients ont généralement confiance dans leur médecin traitant. Ce dernier est donc un maillon essentiel de la chaîne de communication. A condition d’avoir lui aussi, l’information nécessaire.

 

Comment convaincre les Belges de se faire vacciner ? (JT du 04/12/2020)

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