Coronavirus : télétravail, écoles, personnes âgées… Les mesures de déconfinement recommandées par l’UE

Ne pas répéter les erreurs du passé, éviter les couacs du début de la pandémie du Covid-19, c’est l’objectif de l’Union européenne.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel ont présenté une "feuille de route européenne commune" pour une sortie coordonnée du confinement entre les pays européens. Cette sortie "préparera le terrain pour un plan de relance global et des investissements sans précédent."


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Attention, il ne s’agit pas de mesures contraignantes, mais bien de recommandations sans calendrier aux Etats membres, qui restent maîtres de leurs politiques de déconfinement respectives.

Quand commencer ?

Les autorités européennes recommandent aux Etats membres de tenir compte de trois critères afin d’évaluer si le moment est venu de commencer leur dé-confinement.

  1. Des données épidémiologiques doivent montrer "que la propagation de la maladie a diminué et s’est stabilisée pendant une période prolongée."
  2. Les Etats doivent disposer d'"une capacité suffisante du système de santé". Cela comprend toute une série d’éléments: taux d’occupation des lits d’hôpitaux, accès aux produits pharmaceutiques, stocks d’équipements ou encore personnel suffisant et compétents pour s’occuper des patients à domicile.
  3. Il s’agit également de disposer d'"une capacité de surveillance appropriée" pour suivre la propagation du virus afin d’évaluer constamment s’il y a lieu de resserrer ou d’alléger les mesures.

Des actions graduelles

Le déconfinement doit se faire "en différentes étapes et il faut laisser du temps entre les étapes (par exemple un mois), car l’effet de leur levée ne peut être mesuré qu’au fil du temps."

Protéger les plus vulnérables

Les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies chroniques et de maladies mentales sont considérées comme des groupes à risque. "Des mesures devraient être envisagées pour continuer à les protéger, tout en levant des restrictions pour les autres groupes."

Quant aux personnes diagnostiquées ou avec symptômes légers, elles doivent rester en quarantaine et être traitées de manière adéquate.

Mesures de sécurité au travail

Afin de faciliter le retour progressif au travail, il sera nécessaire de mettre en place des mesures de "nettoyage et désinfection intensifiés et réguliers des plateformes de transport et des véhicules, des magasins et des lieux de travail." 

Il faudra aussi fournir des "équipements adéquats pour protéger les travailleurs ou clients."


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Reprendre le travail progressivement

"Le redémarrage de l’activité économique devrait être progressif" afin de garantir le fait que tous puissent s’adapter au mieux. L’Union européenne recommande également de limiter les contacts physiques et de favoriser le télétravail.

Les groupes qui retourneront au travail en premier lieu concerneront "les secteurs menacés qui sont essentiels pour faciliter l’activité économique (par exemple les transports)."

Reprendre les cours avec prudence

Concernant les écoles et les universités, les cours pourront progressivement reprendre, mais "avec des mesures spécifiques telles que des heures de déjeuner différentes, amélioration du nettoyage, réduction des salles de classe, recours accru à l’apprentissage en ligne".

Commencer local, puis généraliser

La levée des mesures devrait commencer par "celles qui ont un impact local et être progressivement étendues à des mesures ayant une couverture géographique plus large". Cela devrait permettre de prendre des mesures plus efficaces et de réimposer des restrictions nécessaires si un nombre élevé de nouveaux cas survient : "Par exemple, l’introduction d’un cordon sanitaire".


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Rouvrir progressivement les frontières

L’UE recommande une "approche par étapes pour l’ouverture de nos frontières intérieures et extérieures" afin de rétablir le fonctionnement normal de l’espace Schengen. Cela devra se faire de manière coordonnée, en donnant "La priorité aux travailleurs transfrontaliers et saisonniers". Ce n’est que dans un deuxième temps que "l’accès des résidents de pays tiers à l’UE" pourra s’envisager.

Les mesures d’exception décidées par les différents pays, dont certains ont décrété l’état d’urgence, "doivent progressivement être remplacées par des interventions plus ciblées", pour garantir le respect de la démocratie.

Quid des rassemblements de personnes ?

Graduellement, les Etats pourront à nouveau permettre les activités commerciales avec un "nombre maximum de personnes autorisées", les activités sociales dans les restaurants et cafés, mais avec des "heures d’ouverture restreintes et un nombre maximum de personnes autorisées" et les rassemblements de masse (festivals, concerts, etc). Dans ces cas, comme pour les autres mesures, l’UE n’impose pas de calendrier.

En ce qui concerne les transports, un équilibre doit être trouvé pour à nouveau autoriser les voyages en tenant "compte du niveau de risque dans les zones concernées".

Utiliser des "applis" de traçage

La Commission insiste aussi sur l’importance des applications mobiles de traçage, qui "peuvent aider à interrompre les chaînes de transmission de l’infection plus rapidement et de façon plus efficace que des mesures générales de confinement".

Elles doivent reposer "sur le consentement de l’utilisateur et respecter pleinement les règles de l’UE sur la vie privée et les données personnelles". L’exécutif européen a d’ailleurs préparé une "boîte à outils" à cet effet.

Maintenir les efforts pour prévenir la propagation 

Les Etats doivent continuer à réaliser des campagnes pour "continuer à encourager la population à maintenir une hygiène rigoureuse": utilisation de produits d’hygiène, lavage des mains, toux et éternuements dans le coude, nettoyage de surfaces à fort contact.

De même, "Les lignes directrices en matière de distanciation sociale devraient continuer à s’appliquer." Et pour les citoyens, "les masques en public peuvent être utiles […] surtout lorsque l’on visite des lieux très fréquentés et confinés, comme les épiceries, des centres commerciaux ou lorsque on utilise les transports publics." Ces masques doivent être complémentaires aux autres mesures de protection et ne doivent pas les remplacer, précise l’UE.


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Extraits de notre journal télévisé de la mi-journée:


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