Coronavirus : quitter la maison de repos pour la famille, une décision très lourde

Coronavirus : quitter la maison de repos pour la famille, une décision très lourde
Coronavirus : quitter la maison de repos pour la famille, une décision très lourde - © MAXIME ANCIAUX - BELGA

Dans les maisons de repos, la situation se stabilise… Mais elle reste très préoccupante. Plus d’un décès sur deux lié au coronavirus en Belgique a lieu dans une maison de repos ou de soins. Certains proches s’inquiètent.

Et préfèrent reprendre leur père, leur mère chez eux… À la maison. Une décision qu’il ne faut pas prendre sur un coup de tête. Car tant que le confinement est maintenu… Aucun retour en arrière n’est possible.

 

"Elle était apathique"

Michèle par exemple a décidé de reprendre chez elle sa maman, Mariette, 98 ans. De la retirer momentanément de sa maison de repos située du côté d’Eghezée. " Elle était triste d’être isolée, de ne plus nous voir. Elle devenait complètement apathique". Il y avait aussi la crainte d’une contamination. L’accumulation de malades du côté du personnel aussi et l’absence de tests. Et puis l’incertitude quant aux soins qui seraient prodigués en cas de contamination. Depuis une semaine, Mariette habite donc chez sa fille et occupe une chambre d'amis.

Jusqu'à la fin du confinement

Mais retirer un résident d’une maison de repos, c’est une décision qu’il faut prendre après avoir bien pris en compte toutes les conséquences. Comme l’explique Vincent Frédéricq, secrétaire général de la fédération des maisons de repos, Femarbel. "Le résident est tout à fait libre de quitter la maison de repos pour retourner chez des proches mais il faut bien insister sur le fait qu’il ne pourra pas retourner dans la maison de repos avant la fin des mesures de confinement. Il ne s’agit pas, après deux, trois jours, de se dire, ce n’est pas possible finalement, on ne sait pas gérer". Pas de retour possible avant la fin des mesures de confinement et aussi la nécessité de continuer à payer les mensualités à la maison de repos pour pouvoir retrouver sa chambre au retour. La résiliation de la convention d’hébergement est aussi possible mais alors le résident n’est plus prioritaire et risque de ne pas retrouver de place à la fin du confinement.

Une charge très lourde pour les familles

La moyenne d’âge dans nos maisons de repos est de plus de 80 ans et 60% des résidents ne sont plus valides. Tout l’enjeu est donc de pouvoir maintenir la continuité des soins à la maison. Ce qui par ces temps de coronavirus n’est pas chose aisée. " La problématique des infirmières à domicile, de l’aide à domicile reste pleine et entière", insiste Vincent Frédéricq. "Ça peut être une charge très lourde pour la famille".

Michèle qui a repris sa maman à la maison le confirme." Ma maman est encore valide et peut se déplacer avec l’aide d’un déambulateur mais le matin c’est moi, pour l’instant, qui fais sa toilette et c’est quand même très lourd".

Et cette prise en charge familiale va, peut-être, se compter encore en semaines. C’est même certain pour Vincent Frédéricq de la Fédération des maisons de repos."C’est évident que le confinement dans les maisons de repos ne se terminera pas le 3 mai. C’est un temps qui se calcule au-delà de semaines donc ce sont des décisions qui doivent être mûrement réfléchies. Nous avons le souci du bien-être de nos résidents. Il ne faut pas que ces décisions mettent le résident mais aussi sa famille dans de lourdes difficultés et que ce soit par la suite une décision amèrement regrettée".

Michèle reconnaît d’ailleurs qu’elle n’a pas vraiment tout anticipé. " Je n’avais pas conscience de toutes les difficultés quand j’ai pris ma décision. C’est notamment des difficultés pratiques. Un WC trop bas, un lit trop bas.".

Des difficultés qui arrêtent de nombreuses familles d’ailleurs, selon Femarbel, les décisions de reprendre des proches à la maison restent pour l’instant très marginales en Wallonie et à Bruxelles.

L'élargissement des visites serait évidemment une solution pour rendre des situations moins déchirantes mais Vincent Frédéricq, rappelle que c'est élargissement ne sera concevable que lorsque la santé du visiteur, du résident et du personnel pourra être assuré. Ce qui signifie du matériel de protection et des tests en suffisance. 

 

 

 

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