Coronavirus: mortalité, symptômes, transmission, traitements, incubation, vaccin, le vrai du faux

Alors que l’épidémie de coronavirus en l’Italie menace de plonger l’Europe entière dans le cauchemar d’une pandémie globale, de nombreuses questions demeurent.
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Alors que l’épidémie de coronavirus en l’Italie menace de plonger l’Europe entière dans le cauchemar d’une pandémie globale, de nombreuses questions demeurent. - © RTBF/Getty

Alors que la pandémie de coronavirus menace de plonger l’Europe entière dans le cauchemar, de nombreuses questions demeurent. Taux de mortalité réels, symptômes, modes et niveau de contagion, période d’incubation, traitements, des chercheurs du monde entier tentent d’affiner les informations et les connaissances sur ce nouveau coronavirus venu de Chine. L’espoir ? Trouver rapidement un vaccin efficace mais également améliorer la prévention, la détection et surtout endiguer la propagation.

Quels sont les symptômes du Coronavirus COVID-19 ?

D’après l’Organisation mondiale de la santé, le Coronavirus se caractérise par une infection respiratoire aiguë généralement caractérisée par de la fatigue, de la fièvre, de la toux ainsi que des difficultés respiratoires. Des symptômes comparables donc à ceux de la grippe saisonnière ou d’un gros rhume.

Certains patients présentent des douleurs, une congestion nasale, un écoulement nasal, des maux de gorge ou une diarrhée. Ces symptômes sont généralement bénins et apparaissent de manière progressive. Certaines personnes, bien qu’infectées, ne présentent aucun symptôme et se sentent bien. La plupart (environ 80 %) des personnes guérissent sans avoir besoin de traitement particulier.

La echnique du tampon naso-pharyngé est utilisée afin de détecter les personnes infectées. Dans les cas les plus graves, l’infection peut entraîner une double pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort. L’examen radiologique pulmonaire permet quant à lui de confirmer le développement du Covid-19 chez un patient infecté.


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Il n’existe actuellement ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge consiste à traiter les symptômes. Certains patients se voient malgré tout administrer des antiviraux, dont l’efficacité est en cours d’évaluation. Récemment, des chercheurs de l’université de Leuven (KUL) avaient évoqué la possibilité que la chloroquine, traitement utilisé pour la malaria, puisse être efficace contre les coronavirus et donc la version covid-19. Le premier patient italien hospitalisé réagirait, lui, positivement à un traitement utilisé habituellement contre le HIV.

Quel taux de mortalité ? Plus dangereux que la grippe ?

Parmi les "carburants alimentant la psychose" générée par le coronavirus (et la plupart des maladies en règle générale), son taux de mortalité. Si dans un premier temps, l’information diffusée faisait état d’une mortalité bien inférieure à la grippe saisonnière, il semble que cela soit relatif. Le covid-19 est en fait plus mortel que la grippe saisonnière, mais moins virulent que les précédentes épidémies liées à un coronavirus : voilà où semble se situer la réelle dangerosité du coronavirus.

Pour Charlotte Martin, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, il n’y cependant pas lieu de céder à la panique : "On suit de près ce taux de mortalité depuis le début de l’épidémie. On n’a pas l’impression que cela évolue beaucoup. Au fur et à mesure que les chiffres arrivent, on tourne toujours aux alentours de 2-3% de taux de mortalité, sachant qu’on est même plus proche des 2%. Il faut savoir qu’avec la grippe saisonnière, on est autour des 0,5 et 1% mais si vous prenez les personnes fragiles et les publics à risque, on peut monter jusqu’à 6% de taux de mortalité pour la grippe saisonnière. Et donc, si on met cela en perspective, le taux de 2-3% dans le cas du coronavirus reste relativement modéré".

D’où provient cette confusion ? De l’interprétation qui est faite des chiffres. Pour Arnaud Fontanet, spécialiste de l’épidémiologie des maladies émergentes et professeur à l’Institut Pasteur, il convient de garder à l’esprit que seulement 8 à 10% des décès imputés à la grippe saisonnière, sont directement liés au virus de la grippe. Les 90% restants sont en fait des décès indirects, généralement des personnes âgées, qui à l’occasion d’une grippe vont décompenser une autre infection comme un infarctus du myocarde, une bronchite-chronique ou autre. "Le ressenti des morts de la grippe n’est pas du tout le même parce que ce sont des morts indirects. Dans le cas du coronavirus, les décès sont plus directement reliés à cette nouvelle maladie et le vécu s’en retrouve beaucoup plus difficile", a-t-il expliqué sur les ondes de nos confrères de France Inter.


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Un risque pour les personnes du troisième âge

Comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgées de plus de 80 ans sont les plus à risque. Dans le cas du coronavirus le taux de mortalité atteint 14,8%. Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d’hypertension. Par ailleurs, aucun décès n’est à déplorer parmi les enfants de moins de 10 ans, même si au moins deux nouveau-nés ont été contaminés dans le ventre de leur mère. Jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité reste très bas (0,2%) puis s’élève progressivement avec l’âge. Les hommes sont plus menacés que les femmes par une issue fatale (2,8% contre 1,7%). Les fumeurs sont eux aussi plus exposés. 

80% des patients souffrent juste d’une forme bénigne de la maladie

Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié une étude portant sur 72.314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale. Il s’agit de la plus importante menée depuis le début de l’épidémie et selon ses résultats la maladie est bénigne dans 80,9% des cas, "grave" dans 13,8% des cas et "critique" dans 4,7% des cas.

Quels modes de transmission ? Comment se protéger ?

Le virus se transmet essentiellement par voie respiratoire et par contact physique. La transmission par voie respiratoire se fait dans les gouttelettes de salive expulsées par le malade, par exemple quand il tousse. Les scientifiques estiment que cela nécessite une distance de contact rapprochée (environ un mètre et demi).

Certains estiment cependant que le COVID-19 pourrait se transmettre par aérosol. "Avec la transmission par aérosol, le virus se retrouve dans des particules beaucoup plus fines, donc il peut se transmettre beaucoup plus loin. C’est possible dans le milieu hospitalier. Mais en extérieur, c’est autre chose. Et dans le rapport de l’OMS en Chine, les experts chinois, les plus expérimentés pour ce qui est du coronavirus pour le moment, disent noir sur blanc que la transmission par aérosol est possible, mais que ce n’est pas un élément moteur de la transmission", indique Marius Gilbert, chercheur en lutte biologique à l’ULB.

En revanche, rien n'indique pour le moment que le coronavirus pourrait se transmettre au fœtus lors de la grossesse ou au bébé pendant l'allaitement, selon des chercheurs louvanistes dans une étude publiée dans la revue médicale Tijdschrift voor Geneeskunde.

Les scientifiques se sont basés, pour établir leur conclusion, sur les données disponibles dans la littérature internationale à propos de 37 femmes dont l'infection au Covid-19 a été confirmée. Les auteurs relèvent que les lignes directrices internationales ne recommandent pas d'éviter l'allaitement par les mères contaminées.

Pour se prémunir d’une contamination, les autorités sanitaires insistent sur l’importance des mesures-barrières : se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir jetable, porter un masque si on est malade.

Il y a masque et masque

Incontournable des villes asiatiques, avant même l’épidémie de Coronavirus, le masque sanitaire semble le meilleur moyen afin de se protéger, semble. Car pour l’épidémiologiste Marc Van Ranst, il ne faut certainement pas passer sa vie avec un masque sur le visage. Cela serait, selon ce spécialiste coronavirus, même très peu utile. "Cela ne met pas à l’abri de l’épidémie. Par contre, le masque est judicieux pour les personnes potentiellement contaminées, qui toussent et qui éternuent. Cela pourra éviter une transmission à d’autres". D’autant plus qu’il existe différents types de masques, à l’efficacité variable.

Un vaccin plus rapidement que prévu ?

Une société pharmaceutique américaine, Moderna, a pour sa part annoncé avoir développé un pré-vaccin prêt à être testé sur l’homme. Moderna a envoyé celui-ci au NIH/NIAD (National Institute of Allergy and Infectious Diseases) afin que celui-ci puisse effectuer les premiers essais cliniques vers la fin avril. Selon le protocole en vigueur, une vingtaine de volontaires sains devraient tester ce vaccin.

Les premiers résultats devraient être connus pour le mois d’août. S’ils s’avèrent positifs, cela permettrait d’avoir un vaccin opérationnel pour l’hiver 2020-2021. L’information est d’autant plus intéressante que jusqu’à présent les scénarios les plus optimistes faisaient état d’un vaccin pour la fin de l’été 2021.

Quel niveau de contagion ? 14 jours d’incubation ?

Les spécialistes semblent s’accorder sur le fait que chaque malade infecterait entre 2 et 3 personnes (ce qu’on appelle le "taux de reproduction de base" de la maladie, ou R0). C’est plus que la grippe (1,3), nettement moins que la rougeole (plus de 12), et comparable au Sras (3). Cependant le patient-1 en Italie aurait à lui seul infecté une dizaine de personnes.

D’autre part, certains mettent en garde sur une sous-estimation possible du nombre de cas. Ainsi une étude de chercheurs du centre des maladies infectieuses de l’Imperial college de Londres "estime qu’environ les deux-tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indetectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel des chaines multiples non-détectées de transmission humaine hors de Chine". Cette hypothèse pourrait expliquer l’apparition de foyers multiples en Italie.

Le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a d’ailleurs exprimé sa "préoccupation face au nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé". Une des préoccupations pourrait être les cas asymptomatiques, avec des patients infectés ne présentant aucun signe de la maladie. La durée d’incubation, estimée selon les études entre deux et 10 jours, a conduit à fixer à 14 jours la période d’observation ou de quarantaine pour les cas suspects et les personnes rapatriées.

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