Coronavirus : messe pascale clandestine en France, le prêtre verbalisé, pas les autres participants

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Capture d’écran de la vidéo de la "Vigile Pascale" de la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet le 11 avril 2020 retransmise sur Youtube. Une messe réalisée sans respect des mesures de distanciation sociale et des interdictions de rassemblement en France. © RTBF

La paroisse traditionnelle de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris a tenu une messe de 3 heures à huis clos ce samedi 11 avril au soir. La messe était retransmise sur Youtube.

Sur la vidéo, on voit une trentaine de participants, religieux adultes et enfants de chœur, célébrant l’office pascal sans aucun respect des mesures de distanciation sociale obligatoires.


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Par ailleurs, en dessous de la vidéo, la paroisse précise que "la retransmission vidéo de la messe dominicale ne remplace ni ne dispense de l’obligation d’assister physiquement à la messe pour ceux qui le peuvent."

Le prêtre verbalisé, pas les participants

Selon une information de nos confrères français du Point, la police a été alertée par des voisins de l’église parisienne, qui avaient entendu la musique religieuse de l’orgue. Selon une source policière, les portes de l’église étaient fermées.

Vers minuit, les forces de l’ordre ont pu interroger un participant qui sortait du bâtiment, qui leur a confirmé la tenue de l’office. Les policiers ont verbalisé le prêtre, qui a écopé d’une amende de 135€. Par contre, selon ces mêmes sources, les autres participants sont rentrés chez eux sans être verbalisés.

Cela étant dit, la communication de la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet semble pour le moins confuse au sujet de l'invitation à participer aux offices, puisque sur son site internet, elle écrit : "En raison des mesures gouvernementales imposées pour lutter contre l’épidémie de coronavirus et pour soutenir le personnel soignant soumis à des conditions de travail très difficiles, les offices de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet ne sont plus accessibles aux fidèles jusqu’à nouvel ordre."

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Des fidèles portent une statue de la Vierge Marie lors d’une procession de l’Assomption de l’église fondamentaliste Saint-Nicolas du Chardonnet, le 15 août 2011 à Paris. © AFP

Une paroisse traditionaliste

La paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, située dans le Ve arrondissement de Paris, est très active : plusieurs messes le dimanche, de nombreux fidèles, des offices en latin.

Elle est aussi très engagée politiquement. Ses représentants ont à de nombreuses reprises participé aux manifestations contre l’avortement, la contraception ou encore le mariage et l’adoption par des couples homosexuels en France.

L’église est très fréquentée par les milieux de droite conservateurs, et notamment par la famille Le Pen.

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L’abbé Xavier Beauvais, prieur de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, se couvre le visage de sa main pendant que les manifestants prient lors d’une manifestation organisée par le groupe chrétien fondamentaliste Institut Civitas contre le mariage homosex © AFP

Les communautés religieuses : un défi en temps de coronavirus

En France également, un office religieux s’était tenu dans un camping en mars dans l’Isère. Le prêtre n’avait pas reçu d’amende, les fidèles eux, avaient par contre été verbalisés.

En Belgique, les mesures de protection contre la pandémie semblent dans l’ensemble bien respectées dans le monde religieux jusqu’à présent. Et certaines communautés n’hésitent pas à faire preuve d’originalité pour continuer à rassembler virtuellement les fidèles, comme ce prêtre de Courcelles, qui fait la messe en direct sur Youtube.

Ailleurs dans le monde, comme aux Etats-Unis, les interdictions sont diversement respectées. Un célèbre pasteur évangélique de Floride a été arrêté fin mars pour avoir célébré l’office de manière "répétée" avec des centaines de fidèles. Par contre, de nombreuses paroisses américaines s’adaptent pour respecter les mesures. Certaines messes se donnent dans des drive-in, comme le montrait cette séquence du journal télévisé de ce dimanche 12 avril 2020.

En Israël, ce sont les juifs ultra-orthodoxes qui donnent du fil à retordre aux autorités, avec pour conséquence une explosion des contaminations dans les quartiers habités par ces communautés.

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