Coronavirus: les participants au congrès du téléphone mobile de Barcelone annulent les uns après les autres

A 13 jours de l’ouverture des portes, le Mobile World Congress se prépare comme si de rien n’était. Et pourtant, les annulations tombent les unes après les autres. Après LG et Ericsson, Sony et Amazon, Facebook et Intel ont déclaré forfait. Les géants du secteur ne veulent prendre aucun risque face au coronavirus.

Mais pour les autorités catalanes, il n’est pas encore question d’annuler. "Pour le moment, aucune autorité sanitaire ne nous a recommandé ou exigé de suspendre cet évènement, affirme Meritxhell Budó, porte-parole du gouvernement. Et donc je le répète, pour le moment nous ne sommes pas dans ce scénario. En tout cas s’il devait y avoir un cas, on serait prêt à l’affronter et à apporter une solution."


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Pour garantir la sécurité sanitaire des participants, des mesures drastiques ont été annoncées : distribution de masque, contrôle de température à l’entrée et interdiction de se serrer la main. Il faudra également prouver qu’on n’est pas allé en Chine 14 jours avant l’évènement. Pas sur toutefois que cela suffise à rassurer les 110.000 personnes attendues. Le salon ne tient plus qu’à un fil.

Le secteur hôtelier inquiet

Les géants de la téléphonie mobile ou les grands opérateurs comme Deutch Telekom ou Orange pourront faire face financièrement à une annulation du congrès, mais pour la ville de Barcelone, ses hôtels, ses commerces et ses restaurants, le manque à gagner pourrait être énorme. L’année dernière, le MWC a rapporté d’un demi-milliard d’euros à la ville.


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Romain Fornell est un chef étoilé, à la tête d’une dizaine de restaurants à Barcelone. Des établissements prestigieux qui font le plein au moment du congrès et s’assurent un important chiffre d’affaires grâce à une clientèle au pouvoir d’achat très élevé. "C’est le moment qui déclenche un peu toute la saison, explique-t-il. On a tout qui est réservé. Tout qui est préréservé et prépayé. Ça va des petits groupes de 3 ou 4 personnes à des groupes de 30, 40, 50 personnes. Mais bon on va garder le cap et on va espérer que le bon sens l’emporte."

Des chauffeurs de taxi aux enseignes de luxe, l’espace de quelques jours, c’est toute l’économie d’une ville qui dépend du congrès, les prix des chambres d’hôtel s’envolent. 400, 500, 600 euros parfois… mais déjà des réservations s’annulent. "On est réellement préoccupé parce que nous, on vit du tourisme. Et pour les entreprises qui dépendent du tourisme, pour l’hôtellerie ce serait un vrai coup dur", s’inquiète Juan Luis, directeur du "Ciutat Condal". Les organisateurs du salon préfèrent ne pas s’exprimer pour le moment. Ils se réuniront vendredi à un peu plus d’une semaine du début de l’événement. Ils décideront ce jour-là s’il est finalement maintenu.

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