Coronavirus: le premier cas recensé en Afrique subsaharienne est un ressortissant italien au Nigeria

Le premier cas de coronavirus en Afrique subsaharienne a été identifié dans la province de Lagos, au Nigéria.
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Le premier cas de coronavirus en Afrique subsaharienne a été identifié dans la province de Lagos, au Nigéria. - © Peeter Viisimaa - Getty Images

Un cas de contamination au nouveau coronavirus, un ressortissant italien, a été confirmé jeudi au Nigeria, le premier en Afrique subsaharienne, a annoncé vendredi le ministère fédéral de la Santé. Le premier cas de malade du coronavirus en Afrique avait été recensé en Egypte, puis un autre cas a été recensé ce mardi en Algérie, un ressortissant de nationalité italienne également.

Le ministère "a confirmé un cas de coronavirus (Covid-19) dans l’Etat de Lagos. Ce cas qui a été confirmé le 27 février 2020 est le premier à être recensé au Nigeria depuis le début de l’épidémie", a-t-il indiqué sur Twitter.

Le ministère précise qu’il s’agit d’un ressortissant italien travaillant au Nigeria et qui est revenu dans ce pays depuis la ville italienne de Milan le 25 février.

Le patient est dans un état stable

Hospitalisé à Lagos, "le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants", a assuré le ministère.

Il s’agit de la première contamination confirmée en Afrique subsaharienne. Deux autres cas ont été recensés ces derniers jours dans deux pays d’Afrique du Nord, l’Egypte et l’Algérie. Aucun décès n’a jusqu’à présent été signalé sur le continent.


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Ce très faible nombre de cas détectés dans les pays africains, aux systèmes de santé fragiles, intrigue les épidémiologistes.

Le Nigéria, un pays vulnérable

Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec près de 200 millions de personnes, est l'un des pays les plus vulnérables au monde avec un système de santé fragile et une densité de population extrêmement importante (près de 7.000 habitants au km2, selon World Population Review).

En 2014, lorsque le premier cas d'Ebola avait été signalé à Lagos, capitale économique du pays, le monde entier avait retenu son souffle et un vent de panique absolue s'était propagé dans la ville.

Finalement, seules sept personnes sont décédées, sur 19 contaminées, de cette maladie très contagieuse qui a fait plus de 11.000 morts en Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016.

L'OMS avait salué "le succès spectaculaire" face à ce qui aurait pu devenir "une épidémie urbaine apocalyptique": les autorités de l'Etat de Lagos avaient réagi à temps, du personnel médical de fondations internationales en poste à Abuja a été déployé, et la maladie était restée confinée dans les quartiers huppés de la ville.

De nombreux Nigérians partent en Chine pour acheter des biens qu'ils revendent ensuite sur les marchés de ce hub économique qui dessert toute l'Afrique de l'Ouest, et les autorités sanitaires nigérianes s'étaient déjà préparées à faire face à une potentielle contamination.

"Nous avons des centres de quarantaine à Abuja (capitale fédérale), et aussi à Lagos", avait déclaré à la mi-février le ministre de la Santé Olorumibe Mamora, assurant que le pays était "sous surveillance" et que des laboratoires pour détecter le virus ont été ouverts dans plusieurs villes du pays.

Situé dans un zone tropicale non loin de l'équateur, le Nigeria est un terrain propice aux virus

"Nous avons tiré des leçons d'Ebola", a, de son côté, assuré le directeur général de WAHO (West African Health Organization), Stanley Okolo.

"Tous nos pays membres contribuent à un fonds de sécurité sanitaire, appelé le "fonds Ebola, et nous avons des partenaires internationaux qui contribuent aussi. La dévastation d'une épidémie a des effets sur tout le monde", a-t-il déclaré la semaine dernière, invitant tous les pays de la zone a rendre un plan stratégique de préparation.

En effet, la "principale préoccupation" de l'OMS "continue d'être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires", a déclaré son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Situé dans un zone tropicale non loin de l'équateur, le Nigeria est un terrain propice aux virus et il a dû affronter des maladies aussi rares que dangereuses (Ebola, poliomyélite, méningite, fièvre de Lassa,...).

Il est mieux préparé à la gestion des épidémies que de nombreux autres pays de la région, selon les experts.

Dans un pays où la moindre ville "moyenne" frôle le million d'habitants et qui compte deux mégalopoles de plus de 10 millions d'habitants, la pression des partenaires internationaux, et notamment de l'OMS, est très importante.

Le Nigeria a prévu un montant de 427,3 milliards de nairas (800 millions d'euros) pour le secteur de la santé en 2020 (soit 4,1% de son budget, bien loin des recommandations de l'OMS qui s'élevaient à plus de 13% du budget).

Le manque d'infrastructures, la vétusté des équipements, mais aussi l'incapacité des patients à payer leurs traitements ou le départ massif de ses médecins vers l'étranger, font du premier exportateur de pétrole en Afrique l'un des plus mauvais élèves du continent en matière de santé.