Coronavirus : le médicament "remdesivir" vanté aux Etats-Unis est-il vraiment efficace ?

Le "remdesivir" : c’est quoi ?

Le gouvernement américain a rapporté ce mercredi qu’un médicament naguère développé contre Ebola, le remdesivir, semblait avoir prise sur le nouveau coronavirus, et avait accéléré de plusieurs jours le rétablissement des cas les plus graves dans un grand essai clinique.

Le remdesivir s’insère dans le matériel génétique du coronavirus et le court-circuite pour l’empêcher de se répliquer.

Il s’agit d’un médicament expérimental, il n’a jamais été approuvé contre aucune maladie ; raison pour laquelle le président Donald Trump a demandé à l’Agence américaine du médicament (FDA) d’accorder "rapidement" une autorisation d’utilisation en urgence pour les hôpitaux, hors d’essais cliniques.

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Le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, discute des premiers résultats du test du médicament Remdesivir lors d’une réunion avec le président américain Donald Trump et le gouverneur de Louisiane Joh © AFP

Est-il vraiment efficace ?

Les Instituts de santé américains (NIH) ont annoncé que ce médicament expérimental avait aidé des malades hospitalisés à se rétablir 31% plus vite, selon les résultats préliminaires d’un essai clinique contre placebo incluant un millier de patients, aux Etats-Unis et ailleurs.

"Les données montrent que le remdesivir a un effet clair, significatif et positif pour réduire le temps de rétablissement" des malades, a déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses qui a dirigé l’essai, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.


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Comparés aux malades ayant reçu un placebo, les patients traités avec le remdesivir se sont rétablis en 11 jours (durée médiane) au lieu de 15 jours, a détaillé un communiqué des NIH, évoquant une fiabilité statistique très élevée.

En revanche, les résultats préliminaires ne montrent pas si le médicament permet de sauver des vies. La mortalité du groupe de patients traités par remdesivir était de 8%, contre 11,6% dans le groupe témoin ; une différence trop faible pour exclure que ce soit le fruit du hasard.

L’essai a inclus 1063 patients hospitalisés avec une forme avancée du Covid et des problèmes pulmonaires, sur 47 sites aux Etats-Unis et 21 autres en Europe et en Asie. Le traitement, par injection intraveineuse, durait 10 jours.

Des effets secondaires ?

Les NIH doivent désormais faire publier leurs résultats entiers après évaluation par une revue scientifique. Stephen Evans, de la London School of Hygiene&Tropical Medicine, souligne que l’on ignore, sur la base des annonces de mercredi, si des effets indésirables ont été observés.

Qui le fabrique ?

Le laboratoire américain Gilead Sciences fabrique ce médicament. Son patron Daniel O’Day, a annoncé que le laboratoire basé en Californie disposait actuellement de 1,5 million de doses qui seraient données, pour traiter au moins 140.000 patients. Gilead vendra ensuite le remdesivir à un prix "abordable", a-t-il dit au site Stat.

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Le siège de Gilead Sciences le 29 avril 2020 à Foster City, Californie. © AFP

D’autres études non concluantes

L’annonce de Washington relativise l’importance de résultats non concluants d’une petite étude sur le remdesivir (237 patients), menée dans dix hôpitaux de Wuhan en Chine et publiée mercredi par la revue médicale The Lancet.

Dans l’essai chinois, les malades traités avec le remdesivir n’ont pas fait mieux que ceux traités par placebo. Mais la taille de l’essai, interrompu faute de malades car l’épidémie s’est arrêtée à Wuhan, limite l’interprétation des résultats.

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Le personnel médical présente à l’Institut d’Infection IHU Méditerranée à Marseille de la Nivaquine (des comprimés contenant de la chloroquine) et du Plaqueril (des comprimés contenant de l’hydroxychloroquine). © AFP – 26 février 2020

Quels sont les autres médicaments testés ?

De multiples essais sont en cours dans le monde pour tester le remdesivir, d’autres antiviraux ou encore l’hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme que beaucoup d’hôpitaux expérimentent sans attendre, notamment le professeur français Didier Raoult en conjonction avec un antibiotique.

Les résultats du grand essai Discovery sur 3200 patients européens sont particulièrement attendus. En attendant, l’hydroxychloroquine est contestée. Les autorités sanitaires américaines ont formellement déconseillé son utilisation hors hôpital il y a quelques jours en raison des risques pour le cœur.


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De multiples traitements sont testés dans les hôpitaux du monde entier, aucun n’a encore prouvé son efficacité dans un essai aussi grand et aussi rigoureux que celui du remdesivir, avec placebo. Aucun vaccin n’existera avant la fin 2020 au plus tôt.

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