Coronavirus : le masque pourrait aussi réduire la gravité de la maladie

Le masque facial "universel" semble de plus en plus protecteur : non seulement il empêche en partie la propagation des gouttelettes de celui qui le porte, mais en plus, il permettrait de diminuer la gravité de la maladie chez les personnes qui seraient tout de même infectées. C’est l’hypothèse émise dans une récente publication du New England Journal of Medicine.

L’idée repose sur une théorie de base : la sévérité de la maladie est proportionnelle à la quantité d’inoculum viral reçu (la quantité de particules virales qui provoquent la maladie).

Depuis 1938, des chercheurs ont étudié, d’abord chez l’animal, le concept de dose létale d’un virus, ou la dose à partir de laquelle la moitié des organismes exposés décède.

Dans le cas d’infections virales où les réponses immunitaires jouent un rôle prédominant dans la propagation virale, des doses élevées d’inoculum viral peuvent envahir et déréguler les défenses immunitaires innées, et augmenter la sévérité de la maladie.

Davantage d’asymptomatiques

Le masque réduirait donc l’inoculum viral auquel le porteur est exposé, et par là même, l’impact clinique de la maladie. Si cette théorie se confirme, le fait de masquer la population serait efficace pour augmenter la proportion d’infections au SARS-CoV-2 qui sont asymptomatiques.

A la mi-juillet, le taux d’infections asymptomatiques était, d’après le Center américain de contrôle et prévention des maladies (CDC), globalement de 40%, mais ce taux serait grimpé à 80% dans des environnements où le masque est généralisé.


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Une étude menée sur des hamsters montre que non seulement, les animaux masqués étaient moins infectés, mais que s’ils l’étaient, ils étaient davantage asymptomatiques ou porteurs de symptômes plus légers que les hamsters non masqués.

Le cas de la croisière argentine

Les auteurs de l’étude citent le cas d’une contamination sur un navire de croisière argentin : tous les passagers ont reçu des masques chirurgicaux, et l’équipage, des masques FFP2. Le taux d’infection asymptomatique y était de 81% (contre 20%, dans le cas d’une épidémie sur un navire, mais sans port du masque).

La publication fait également référence par analogie au processus dit de "variolisation" : lorsqu’il n’existait encore aucun vaccin contre la variole, on inoculait un peu de matériel infecté, pour provoquer une infection légère et donc une immunité. De la même façon, la réduction des quantités d’inoculum viral, grâce au masque, représenterait une piste utile en attendant un vaccin contre le Covid-19.

L’article conclut qu’il faudrait cependant d’autres études complémentaires pour comparer les infections asymptomatiques dans les zones "masquées" aux infections dans les espaces sans masques.

JT du 28/08/2020

À partir de quel âge faut-il porter un masque ?

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