Coronavirus: la Grande-Bretagne choisit la stratégie de l'immunité collective. C'est quoi ? C'est efficace ?

En Grande-Bretagne, pas de confinement. Le pays a opté pour la stratégie "de l’immunité collective".

On l’appelle aussi "immunité de communauté" ou "immunité grégaire". Cette stratégie part d’un principe : la propagation d’une maladie contagieuse peut être enrayée si une proportion importante de la population développe une immunité face à la maladie. Dans le cas du COVID-19, il n’existe pas de vaccination à ce jour. En vertu de ce principe, ce n’est donc qu’en étant contaminés que les citoyens pourraient développer cette immunité.

Un seuil de 60% ?

Cette stratégie, jugée hasardeuse par de nombreux épidémiologistes, a été choisie par la Grande-Bretagne. Boris Johnson estime ainsi qu’il faudrait que 60% de la population britannique contracte la maladie pour qu’elle développe cette immunité collective. Cette immunité acquise par une majorité de Britanniques pourrait alors servir plus tard de bouclier à la minorité n’ayant pas été infectée.

En parallèle, les personnes âgées de plus de 70 ans seraient confinées pendant plusieurs mois, mesure qui n’est pas encore appliquée. Officiellement, le pays compte plus de 1500 personnes infectées à ce jour.


►►► À lire aussi : Jean-Marc Nollet: "L'immunité collective c'est faire passer l'argent avant les gens"


A Londres, le gouvernement a donc simplement donné comme consigne aux gens qui toussent et qui ont de la fièvre de rester confinés pendant une semaine. Le Premier ministre Boris Johnson et son cabinet excluent d’interdire les grands rassemblements publics, car, selon eux, cette mesure ne permettrait pas de limiter l’avancée du virus. Les écoles ne sont pas fermées au Royaume-Uni. Bars et restaurants sont ouverts.

Cette stratégie fait l’objet de critiques et d’inquiétudes : une étude sanitaire révélée hier par le quotidien The Guardian prédit que 80% des Britanniques seront infectés et près de 8 millions seront hospitalisés dans les 12 prochains mois. Le gouvernement a relativisé en assurant que c’était le pire des scénarios possibles.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK