Pourquoi la Belgique est-elle toujours le pays où il y a eu le plus de morts par habitant du Covid-19 au monde?

La Belgique est-elle vraiment le pays le plus touché par le Covid-19 au monde ?
La Belgique est-elle vraiment le pays le plus touché par le Covid-19 au monde ? - © DIRK WAEM - BELGA

Ce samedi soir, dans un nouveau décompte, l’AFP indiquait que la Belgique était toujours le pays qui avait été le plus frappé par le coronavirus en termes de nombre de morts par rapport à sa population: 84 décès pour 100.000 habitants, suivi par le Royaume-Uni (65), l’Espagne (61), l’Italie (58), et la Suède (54). Une affirmation pas tout à fait exacte, mais nous avons interrogé l’épidémiologiste, Yves Coppieters, pour faire le point.

La Belgique déplore le taux de mortalité lié au Covid-19 le plus élevé au monde, est-ce nouveau ?

Yves Coppieters : "Non, on l’observe déjà depuis plusieurs semaines. La Belgique compte 84 décès pour 100.000 habitants. Cette mortalité reste stable. On reste malheureusement le premier pays par rapport aux autres pays européens et par rapport à l’Amérique du Nord. On est devant le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et la Suède dont le taux de mortalité continue d’augmenter."


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Comment cela s’explique-t-il ?

Yves Coppieters : "C’est lié au fait que notre système de surveillance, au démarrage de l’épidémie, a inclus des critères assez larges pour notifier les décès Covid-19. Il y a toute une série de décès, plus de 50%, qui sont des décès qui n’ont pas été confirmés par des tests diagnostiques. Ce sont des cas possibles mais qui ont été notifiés en tant que décès liés au Covid-19 en Belgique. Cela s’explique donc par notre système de surveillance et notifications qui a été très large dès le début de l’épidémie. Ce sont des critères beaucoup plus larges que les autres pays européens."

Pourquoi avoir compté de cette manière-là ?

Yves Coppieters : "Notre système de surveillance n’était pas prêt pour notifier l’ensemble des malades Covid-19 et les systèmes de critères de notifications n’étaient pas assez clairs. Le système de notification a été vite débordé en début d’épidémie. On a inclus un grand nombre de personnes décédées, cela a facilité le comptage mais malheureusement ce n’était pas spécifiquement lié au Covid-19."

Est-ce qu’on doit en tirer des leçons ?

Yves Coppieters : "Il faut assumer une fois pour toutes la situation dramatique qu’on a vécue en Belgique. Outre un système de surveillance très large en termes de notification, on a connu une mortalité très forte par rapport à nos pays voisins. Il ne faut pas croire que nous avons été bons dans nos systèmes de surveillance et eux mauvais. Il faut être humble et accepter ce haut taux de mortalité en Belgique. Cela s’est particulièrement vu dans les maisons de repos et de soin où le taux de mortalité a été très fort. Cela ne s’est pas vu dans d’autres pays. Il faudra faire un travail pour savoir si tous les décès sont bien liés au Covid-19 mais tant qu’on ne fait pas ce travail rétrospectif, on doit assumer cette mortalité forte."

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