Coronavirus : la Belgique entre en "phase 2 renforcée"

A l’issue du comité de concertation, la Première ministre Sophie Wilmès confirme que notre pays restait en phase 2, mais celle-ci se voit "renforcée".

Dans un communiqué, le "cabinet Premier" explique que "conformément à l’analyse faite par le Risk Management Group (RMG), la Belgique restait en phase 2 du plan de gestion de risque du SPF Santé publique. Les mesures de containment sont toujours d’application. À cela, des mesures supplémentaires dites de social distancing préparées par le RMG seront discutées lors du Conseil National de Sécurité de ce mardi 10 mars, en présence des Ministres-présidents."

Un marché public a été attribué pour l’achat de masques. Le RMG travaille sur la répartition géographique de ceux-ci.

Un plan d’action et de prévention concernant les personnes fragilisées doit être coordonné par le Risk Management Group. Pour rappel, le RMG est composé de représentants des autorités de santé. Le comité de concertation, qui accueille en son sens des représentants de tous les gouvernements des entités fédérées et le fédéral, a également "pris connaissance des recommandations faites quant à la priorisation des tests et au développement de l’offre des laboratoires aptes à mener ces examens."

Qu’est-ce que le "social distancing" ?

Nous avons posé la question au cabinet de la Première ministre : "ce sont des mesures non-médicales qui visent à limiter les contacts entre personnes infectées et non-infectées." Concrètement, peut-on dès lors s’attendre à des mesures du type interdiction d’événements publics (culture, sport, économie, etc.) ? Cette question sera tranchée demain mardi, lors d’un Conseil National de Sécurité.

Le Washington Post consacre cet article au concept de "social distancing". On y apprend que cette pratique est multiséculaire, mais qu’elle n’a été théorisée qu’en 2007, lorsqu’une étude a comparé la façon dont 43 villes américaines ont géré l’épidémie de grippe espagnole en 1918. Conclusion : des décisions rapides comme la quarantaine des malades, la fermeture des écoles et l’annulation d’événements publics permettaient moins de pertes humaines, tout comme imposer ce type de mesures en même temps : "Philadelphie a subi deux fois plus de pertes humaines que Saint-Louis, où les autorités ont agi avec rapidité." Pour Osman Dar, un expert des systèmes de santé au niveau mondial interrogé par le "Wapo", "la quarantaine et le social distancing sont des pratiques anciennes qui ont été essayées et testées à travers le temps et qui ont survécu car elles fonctionnent."

Reste que le défi, c’est de déclencher ces mesures au bon moment : trop tôt, le coût économique serait énorme, trop tard, elles seraient inefficaces, comme le montre l’exemple des fermetures d’écoles dans le Michigan en 2009, à cause de l’épidémie due H1N1, selon une étude des universités du Michigan et de Caroline du Nord citée par le Washington Post.

En tout cas, ces mesures permettent de baisser significativement le taux de mortalité de l’épidémie. Même si le nombre de personnes infectées n’est pas nécessairement plus faible qu’ailleurs. L’enjeu ici, c’est "d’aplatir la courbe" des malades qui doivent être hospitalisés, pour que les services de santé puissent encaisser le choc de l'épidémie.

La Première ministre et les ministres-présidents, conseillés par le Risk Management Group, ont donc des décisions importantes dans les heures à venir. Le Conseil national de sécurité se réunit au 16 rue de la Loi ce mardi midi.

Sujet du 09/03/2020 - Coronavirus : quid du dépistage par téléphone ?