Coronavirus : l'impréparation de la deuxième vague pointée par les experts

Erika Vlieghe, la présidente du GEES
Erika Vlieghe, la présidente du GEES - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Dans son dernier rapport à l’attention du kern et du Conseil de sécurité mercredi dernier, le Groupe d’experts qui prépare la stratégie de sortie de crise du Covid-19 (GEES) se montre extrêmement critique à l’égard des autorités politiques.

Tant en matière de tests, que de suivi de contacts, et de management en vue d’une deuxième vague d’infection, nous ne sommes pas préparés suffisamment, d’après les experts. Ils soulignent qu’un nombre important de recommandations du Groupe n’ont pas été suivies jusqu’ici.

Le GEES souligne qu’il faut renforcer les lignes de défense : les tests et le suivi de contacts, ainsi que la gestion de crise en cas de nouvelle vague. Tout cela nécessite l’attention et l’action du gouvernement.

Les tests et le suivi de contacts "ont souffert d’un taux de succès extrêmement bas, au démarrage. Les améliorations sont graduelles mais lentes." Le groupe recommande notamment d’améliorer la communication en la matière, et de faire plus de transparence sur les préoccupations liées à la vie privée.

Pas de plan "2e vague"

Quant à la gestion d’une 2e vague, "elle est encore dans une phase très conceptuelle et nécessite une accélération urgente, en allouant des ressources et des budgets, en détaillant les responsabilités et les protocoles. Un plan d’action doit être développé pour déterminer les mesures en cas de deuxième vague".

Les experts attribuent des notes sous forme de code "rouge" ou "orange" selon l’état d’avancement des mesures qu’ils ont demandées. Rouge signifiant que rien n’a été fait ; orange, que ce n’est pas suffisant.

A faire, ou peut mieux faire

Code "rouge"

- S’assurer de ressources suffisantes à chaque niveau en cas de nouvelle vague (évaluer les besoins et les comparer aux équipes existantes) ;

- Clarifier des protocoles et les communiquer au cas où des cas surviennent dans une collectivité, une école, un lieu de travail, un grand magasin… ;

- Développer des lignes de conduite plus élaborées en vue de la première ligne.

Code "orange"

- Confirmer la mise en place d’un plan sur les responsabilités à chaque niveau, en cas de nouvelle vague de l’épidémie. Une concertation avec tous les acteurs est nécessaire, tout comme un accord sur les responsabilités.

- Renforcer les équipes existantes de Sciensano (ou de l’INAMI si on opte pour cette solution) ;

- Élargir la recherche de données et leur enregistrement en vue d’une deuxième vague ;

- Libérer les budgets nécessaires : les experts estiment que les équipes locales, les équipes d’analyse, l’équipe interfédérale, Sciensano ou l’INAMI, auront besoin de plus de 150 équivalents temps plein. Cela représente un budget annuel de 10 à 15 millions d’euros ;

- Libérer des fonds pour tester de nouveaux foyers potentiels : coût estimé à environ 1,6 million par semaine ou 80 millions sur une base annuelle de 5000 tests par jour. Si la nouvelle vague est sous contrôle, ce sera inférieur.

Grosse fatigue

La première vague a déjà demandé énormément d’efforts au système de santé belge, qui a repris ses activités normales entre-temps. Les experts soulignent l’épuisement des travailleurs de la santé à tous les niveaux, et le fait que la crise a révélé des faiblesses du système.


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Ils suggèrent d’en examiner la gestion a posteriori et d’organiser une rencontre avec les acteurs principaux en vue d’une seconde vague.

Les chiffres du coronavirus de ce 06 juin avec le Dr Yves Coppieters (JT du 09/06/2020)

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