Coronavirus : "L'égoïsme est l'allié du virus et l'égoïsme conduira à des situations encore plus chaotiques"

Coronavirus : "Il y a des personnes qui privilégient leur individualisme avant la santé publique"
Coronavirus : "Il y a des personnes qui privilégient leur individualisme avant la santé publique" - © DutcherAerials - Getty Images

Avec les nombreuses lettres ouvertes de la part du secteur hospitalier, les avertissements de pneumologues, les témoignages sur les médias et médias sociaux, les chiffres alarmants, les reportages dans les maisons de repos ou de soin ou encore les amis ou les membres de la famille contaminés, on pourrait croire que les citoyens sont conscients de la situation dramatique dans laquelle nous vivons suite à l’épidémie. Et pourtant, pour certains, ce n’est pas le cas. Ils mettent en doute la gravité situation en ignorant les mesures sanitaires. Pour Antoine Iseux, le porte-parole du Centre de Crise, ce sont des personnes qui, dans cette situation très critique, privilégient leur individualisme avant la santé publique.

"L’égoïsme est l’allié du virus et l’égoïsme conduira à des situations encore plus chaotiques comme celle que nous nous apprêtons à vivre aujourd’hui, indique Antoine Iseux. La solidarité et la responsabilité sont les seules réponses correctes à cette situation. Tout le monde demain peut avoir besoin d’un lit d’hôpital et du personnel attentionné pour prendre soin de lui ou d’elle. Votre comportement aujourd’hui déterminera si des membres de votre famille ou de celles de vos amis pourront recevoir des soins nécessaires dans les prochaines semaines".


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Tous les indicateurs sont dans le rouge. Un certain nombre d’infirmiers et d’infirmières est requis pour pallier les absences et renforcer les équipes. Le problème, c’est que le secteur des soins ne s’est pas encore remis de la première vague et le personnel est en sous-effectif.

"Nous voulons leur exprimer notre respect pour leur engagement mais leur engagement n’est pas sans limite et nous ne pouvons mettre qu’un seul patient par lit. La seule façon d’éviter une congestion totale du secteur des soins c’est de limiter nos contacts sociaux autant que possible. Maintenant", déclare le porte-parole.

La publication des cartes blanches rappelle la situation complexe que vivent les hôpitaux

Pendant la conférence de presse du Centre de Crise de ce mercredi 28 octobre, Antoine Iseux a souhaité rappeler aux citoyens que la situation dans les établissements hospitaliers devenait très pénible. Il a procédé à la lecture de deux extraits de cartes blanches publiés ces dernières heures sur les réseaux sociaux des hôpitaux en question.

"Il doit être clair pour tout le monde que les choix que nous faisons ne sont pas seulement d’une importance vitale pour nous. Ce que vous faites détermine également la chance des autres. Quiconque ne respecte pas ces mesures est une menace pour nombre de ces semblables", pouvons-nous retrouver sur les médias sociaux des hôpitaux d’Anvers.

Le CHU de Liège rappelle sa détresse : "Il est difficile de dire combien de temps on peut tenir et ça dépendra de l’évolution des courbes du virus, donc merci à tous d’appliquer les gestes barrières. Ce n’est pas cela qui agrandira l’hôpital mais cela pourra inverser l’évolution des courbes épidémiques. Ne dites pas qu’on n’en serait pas là si ceci ou si cela. On en est là et il faut s’en sortir au plus vite maintenant".

Un appel de détresse et décisions à prendre

Par ailleurs, le canal des médias sociaux n’est pas le seul utilisé pour tenter de faire évoluer la situation actuelle. Des médecins-chefs des hôpitaux des provinces du Brabant, du Hainaut et de Namur ont adressé une lettre aux ministres pour adresser un cri de détresse et d’impuissance face à la situation sanitaire que l’ensemble des hôpitaux wallons affronte actuellement. Il en ressort que désormais, les hôpitaux ne sont plus en capacité de soigner tous les patients. Malgré une capacité en infrastructure encore partiellement disponible, les hôpitaux sont confrontés cette fois à une pénurie croissante de personnel qualifié imposant l’arrêt de pans entiers d’activité.

Une règle d’or : limiter les contacts

Il ne fait plus de doute que la deuxième vague sera plus importante et plus longue que la première. Afin de soulager le secteur des soins, le porte-parole demande que les citoyens limitent drastiquement leurs contacts et appelle à une sensibilisation de nos proches. "Evitons ce que nous pouvons : le repas de famille élargie, les après-midi, la réunion en présentielle inutile. Plus que jamais, la société dans son ensemble, le secteur de la santé en particulier a besoin de notre sens de la citoyenneté. Par respect pour eux, maintenant. Merci", conclut-il.

Lors de la conférence de presse du mercredi 28 octobre, Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral, appelle également à la solidarité, "c’est le moment ou jamais de retrouver un élan de solidarité. Il ne faut pas forcément applaudir mais la meilleure manière serait d’appliquer les mesures sanitaires pour que les hôpitaux ne soient pas sous eau".

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