Coronavirus : inquiétudes sanitaires et financières pour les crèches

Coronavirus : Inquiétudes sanitaires et financières pour les crèches
Coronavirus : Inquiétudes sanitaires et financières pour les crèches - © CYNTHIA CHAROT - BELGA

Les crèches ont été reconnues essentielles par le gouvernement. Elles n’ont pas dû fermer et continuent d’accueillir des enfants.

Mais actuellement, moins d’enfants fréquentent les crèches. Cela entraîne une baisse des revenus financiers des établissements. 

Ensuite, lorsque le déconfinement sera plus étendu en Belgique, les crèches s’inquiètent d’avoir des difficultés à assurer le respect des normes sanitaires essentielles à la limitation du Covid-19.

C’est l’Unessa, une coupole qui fédère 900 structures du secteur associatif privé, actives dans l’accueil, l’accompagnement, l’aide et les soins aux personnes en Wallonie et à Bruxelles, qui tire la sonnette d’alarme. Les crèches figurent parmi les structures que l’Unessa défend.

Aujourd’hui, avec la crise du Coronavirus, les crèches sont globalement moins fréquentées. Seules celles situées à proximité des hôpitaux sont moins dépeuplées et accueillent trois fois plus d’enfants que les autres.

La baisse de fréquentation a des conséquences financières

Comme il y a moins d’enfants dans les crèches, celles-ci perçoivent moins de quotes-parts des parents. Or, les quotes-parts représentent 25% des ressources financières des crèches agréées subventionnées. 

Ces 25% sont capitaux car ils permettent de financer 40% de l’emploi dans les crèches, les frais de fonctionnement et de maintenance. La diminution des quotes-parts perçues a donc des conséquences sur les finances des crèches.

Ces difficultés poussent des établissements à mettre du personnel au chômage temporaire. Dans les crèches affiliées à l’Unessa, 25 à 30% des puéricultrices ont été mises au chômage. Cette réduction du personnel entraînera des pertes de subsides pour les crèches concernées car les subventions sont liées à l’occupation du personnel.

Une situation qui alarme le secteur. Celui-ci s’étonne que le gouvernement n’intervienne pas : "Contrairement à sa promesse, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne compense pas cette diminution de revenus. Pourtant, des indemnités sont débloquées pour les maisons d’accueil, les accueillantes autonomes, les structures communales d’accueil d’enfants ou encore, les services d’accueil à domicile. Où est la logique alors que l’activité de nos crèches est tout aussi vitale et reconnue comme telle ?", s’interroge Christophe Happe, le directeur général d’Unessa.

Le secteur des crèches que représente l’Unessa s’attend à ce que la situation financière des crèches mette du temps à se rétablir, une fois le déconfinement du pays élargi. Certains établissements pourraient avoir des difficultés à tenir le choc. "Nous demandons dès lors à ce que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme rapidement en actes ses promesses et que les moyens financiers nécessaires soient également débloqués pour assurer la bonne reprise de l’ensemble des activités de nos crèches le moment venu", demande Christophe Happe, de l’Unessa

Des craintes pour la santé des enfants et des travailleurs

A ces craintes financières s’ajoutent des inquiétudes pour la santé des personnes qui fréquentent les crèches, enfants et membres du personnel.

Actuellement, la fréquentation des crèches est assez faible mais qu’en sera-t-il lorsque, avec le déconfinement, plus d’enfants y seront présents ? Dans un document, plusieurs membres du personnel des crèches Cardinal Mercier et Saint-Joseph à Ixelles s’inquiètent. Elles savent qu’il est impossible de demander à des enfants de quelques mois à trois ans de respecter des distances. Limiter les risques de transmissions du virus et les contagions sera difficile. Les puéricultrices se demandent donc quelle sera leur responsabilité de santé publique vis-à-vis des familles accueillies, des travailleurs et de leur propre famille.

Et de se poser des questions : les puéricultrices porteront-elles des masques ? Lesquels ? Seront-ils fournis ? Par qui ? Qu’en sera-t-il des parents qui viendront déposer ou rechercher leur enfant ? Devront-ils porter des masques et lesquels ? Devront-ils porter des surchaussures ? Le personnel sera-t-il dépisté ? Comment fera-t-on pour respecter la distance sociale d’1m50 dans des établissements où les couloirs, escaliers sont étroits ? Les parents devront-ils faire la file, comme dans les commerces, avant de pouvoir entrer déposer leur enfant ?

Autant de questions aujourd’hui sans réponse et qui laissent les crèches représentées par Unessa désemparées avec le sentiment d’être oubliées et non reconnues dans leurs difficultés.

 


 

 

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