Coronavirus et démocratie: les élections américaines perturbées, quid des scrutins d'autres pays ?

La convention du parti démocrate, lors de laquelle doit être désigné le candidat à la présidentielle américaine face à Donald Trump, a été reportée d’un mois jusqu’à la semaine du 17 août en raison de la pandémie de coronavirus, a annoncé jeudi le parti. Elle aurait dû se dérouler du 13 au 16 juillet. L’ancien vice-président américain et favori des primaires Joe Biden avait appelé à son report. La décision a été prise face à "la crise sanitaire sans précédent à laquelle fait face notre pays", a écrit le parti démocrate.

Les organisateurs envisagent d'"ajuster la forme que prendra la convention, le nombre d’assistants et son agenda" afin de limiter les risques de contagion, précise le communiqué.

Il faudra "ajuster la forme que prendra la convention, le nombre d’assistants et son agenda.

Les primaires démocrates prévues depuis le 24 mars ont également été reportées jusqu’ici. Mais le suspense pèse encore sur celle du Wisconsin, prévue le 7 avril. Bernie Sanders a appelé mercredi à son report.

Duplex de notre correspondante à Washington (JT 19h30 de ce vendredi 3 avril)

Quant à la convention républicaine, elle est prévue du 24 au 27 août à Charlotte, en Caroline du Nord. Sauf circonstances inattendues, Donald Trump briguera un second mandat le 3 novembre.

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Les candidats démocrates à la présidence, l’ancien vice-président des États-Unis Joe Biden (à gauche) et le sénateur Bernie Sanders, se saluent d’un coup de coude sûr avant le début du 11e débat présidentiel du Parti démocrate 2020 dans un studio du Burea © AFP

En Pologne, un vote par correspondance ?

A six semaines de l’élection présidentielle en Pologne, le parti conservateur Droit et Justice (PiS), au pouvoir, veut donner le droit à chacun de voter par correspondance en ces temps de crise sanitaire liée au coronavirus. Le parti a présenté un projet de loi au parlement ce mardi 31 mars 2020.

Le PiS, avec ce projet de loi, tente de répondre aux critiques grandissantes du maintien de l’élection présidentielle du 10 mai malgré l’épidémie de Covid-19. Pratiquement tous les candidats de l’opposition, ainsi que les maires des plus grandes villes polonaises, ont plaidé pour le report du scrutin.

S’il "est possible d’aller faire des courses, il est possible de voter".

Néanmoins, les conservateurs insistent pour maintenir la date initiale de l’élection. Le président au pouvoir Andrzej Duda, du parti PiS, figure actuellement en tête des sondages. Si l’élection était reportée, les conséquences négatives pour l’économie de la crise sanitaire seraient visibles à cette date ultérieure, avec un éventuel impact sur le résultat du vote. Dans un chat sur le réseau social Facebook, M. Duda a souligné que s’il "est possible d’aller faire des courses, il est possible de voter".

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Fresque en l'honneur du personnel médical dans une Varsovie déserte, ce 02 avril 2020 © Wojtek RADWANSKI -AFP

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L’Ethiopie reporte ses élections générales d’août

La commission électorale éthiopienne a annoncé mardi 31 mars le report sine die des élections générales prévues le 29 août. "En raison des problèmes liés au coronavirus, la commission électorale a décidé qu’elle ne pouvait organiser les élections à la date prévue et elle a donc décidé d’annuler cette date et de suspendre toutes ses activités". Aucune nouvelle date n’a été donnée par la commission électorale qui a précisé qu’un nouveau calendrier serait proposé "quand la pandémie sera terminée". Ces élections sont largement perçues comme une étape cruciale dans la transition politique que tente de mener à bien le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, dans un contexte de violences communautaires élevées.

L’Éthiopie compte officiellement 25 cas de Covid-19 et les autorités fédérales et régionales ont imposé des mesures de restrictions, telles que l’interdiction des rassemblements de masse et des restrictions de déplacements.

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Opérations contre le coronavirus dans le réseau de transports en commun d'Addis Abeba, le 20 mars © Michael Tewelde / AFP

Au Mali, élections maintenues : "la peur au ventre"

Les Maliens ont participé dimanche 29 mars aux élections législatives ; mais la peur du coronavirus était présente dans de nombreux esprits après l’annonce du premier mort dû au Covid-19."Je viens voter la peur au ventre. Vous voyez, il n’y a pas de monde. Peut-être parce que c’est le matin, mais c’est aussi normal à cause de la situation", expliquait ce dimanche un enseignant de la capitale de 34 ans, Souleymane Diallo.

C’est n’importe quoi, aucune mesure n’a été prise ! Pas de savon, pas d’eau !

Vingt cas étaient officiellement recensés dimanche au Mali. "C’est n’importe quoi, aucune mesure n’a été prise ! Pas de savon, pas d’eau ! ", s’écrie un électeur de Bamako, masque blanc sur le nez. Les législatives ont été maintenues pour éviter qu’une crise politique s’ajoute aux difficultés sécuritaires et sanitaires, ainsi que sur la base des "assurances" des responsables de la lutte contre le Covid-19, a expliqué le chef du gouvernement.

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Les Maliens se sont rendus aux urnes le 29 mars 2020, pour des élections législatives longtemps retardées, quelques heures seulement après que le pays ait enregistré son premier décès dû au coronavirus COVID-19 et que la principale figure de l’opposition © AFP

En France, des cas de contamination après les municipales

Presque trois semaines après le premier tour des élections municipales en France, maintenu malgré l’épidémie de coronavirus, plusieurs cas de contamination sont recensés chez des personnes ayant tenu des bureaux de vote à travers le pays. Les mesures de protection qui avaient été prises – gel hydroalcoolique, gants, pas de files d’attente – n’ont manifestement pas suffi.

À Billom (centre), une femme de 62 ans qui tenait un bureau de vote a été hospitalisée et testée positive. À Mitry-Mory (banlieue parisienne) un assesseur est à l’hôpital dans un état inquiétant et plusieurs cas suspects ont été signalés dans d’autres villes autour de Paris. Tous ces cas ont un point commun : celui d’être passé ou resté dans un bureau de vote le 15 mars, même s’il est impossible de savoir précisément quand ils ont été contaminés.

Dans la foulée du scrutin, le Premier ministre Edouard Philippe était resté inflexible sur le sujet. La décision de maintenir le premier tour était "fondée sur des motifs scientifiques" et parfaitement "assumée" avait-il déclaré. Au lendemain de la tenue de ce scrutin controversé, le président Emmanuel Macron a dû annoncer le report du second tour, initialement prévu une semaine après.

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Des travailleurs électoraux portant des masques de protection et des gants en plastique effectuent le dépouillement des bulletins de vote après le premier tour des élections municipales de France dans un bureau de vote à Strasbourg le 15 mars 2020. © AFP

 

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